La question inverse vous la connaissez déjà: «Quelle planète voulons-nous laissez à nos enfants?» De la planète, on en parle suffisamment. Je pense que vous serez d'accord avec moi que les termes «changement climatique», «responsabilité sociale des entreprises» et «développement durable» ont été tellement utilisés, répétés, rabâchés, remâché - à bon ou à mauvais escients - qu'aujourd'hui on ressent tous une certaine lassitude en entendant ces mots.
De plus, selon qui prononce «développement durable», l'expression peut même aller jusqu'à signifier «maximisation du profit à n'importe quel prix et le plus longtemps possible». Pourtant, le citron pressé jusqu'à la pelure devient amer. Certains poussent le vice jusqu'à amener les egomondialistes à croire qu'une agriculture durable n'est possible qu'avec des organismes génétiquement modifiés.
Avant de parler des enfants, parlons de celles qui les mettent aux monde.
Une «friend» active dans la certification pour une égalité salariale entre les genres, m'a posé la question: «Ne trouves-tu pas que la vie ne pourra se développer durablement sur la planète que si les femmes sont représentées de manière égale dans les processus décisionnels, que ce soit en politique mais surtout au niveau de la gestion d'entreprises?»
J'ai alors pensé à toutes ces femmes, qui dans certains pays n'ont même pas le droit de s'exprimer! Et le mal de ventre qui me vient quand les reportages télévisés disent: «La population est descendue dans la rue pour militer pour ou contre telle ou telle décision des autorités ». A chaque fois, j'ai envie de corriger: «La moitié de la population est descendue dans la rue . ». Mais oui, c'est bien connu, les femmes préfèrent cuisiner plutôt que de s'exprimer sur les thèmes qui les concernent, à en croire ces hommes qui les protègent du grand méchant loup: la liberté.
Et oui les femmes, même dans notre pays, aiment tellement rester derrière leurs fourneaux et cuisiner, qu'aucune d'entre elle n'a été invitée à s'exprimer officiellement au premier Forum Mondial sur le Changement de Climat qui a eu lieu en Suisse en septembre dernier. Vous parlez d'une biodiversité! A mais non, non, la biodiversité ce n'est pas valable pour l'être humain, c'est un truc pensé seulement pour les plantes et les animaux! Ah mais j'y suis, on n'a tout simplement pas trouvé de femmes compétentes pour s'exprimer sur ce domaine? Ou bien les femmes ne sont peut-être pas du tout intéressées par le changement climatique? Il est vrai qu' Al Gore est devenu du jour au lendemain le gourou du climat. No problemo.
Par contre, question fourneaux, les femmes sont bien meilleures. Depuis la nuit des temps, elles donnent la vie et donc ont naturellement un rôle de «nourricière» et d'éducatrice alimentaire pour leurs enfants. Cela ne veut pas dire qu'elles savent toutes bien cuisiner. Mais toujours est-il qu'encore aujourd'hui pour la majorités des achats alimentaires quotidiens, ce sont les femmes - le plus souvent les mères de famille - qui décident: les instituts de recherche en marketing le savent bien.
Alors est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi il y a si peu de femmes à des postes clé de l'industrie alimentaire? Ne mangerait-on pas plus sainement? L'équilibre des qualités masculines et féminines aux postes clés des entreprises est souvent un des aspects du développement durable dont ont oublie de parler. En tout cas, juste pour citer un exemple au hasard, ce sont les mères qui ont faits le succès commercial des bananes certifiées Bio Max Havelaar. Leur objectif: donner à manger à leurs enfants les bananes les meilleures et les plus saines. Cela ne veut pas dire que les hommes n'en raffolent pas.
Sans être parfait, on est de plus en plus conscient qu'on est ce qu'on mange. Alors la question est: quels enfants veut-on laisser à notre planète? Des obèses et des mutants!
Je ne peux pas croire que c'est ce que l'on veut. En effet les scandales alimentaires, la dioxine dans le poulet, les OGM (organismes génétiquement modifiés) dans le maïs (MON810) qui provoquent des lésions dans le foie et les reins des rats, du sucre et du sel partout en veux-tu en voilà, nécessitent urgemment plus de femmes à la conscience «nourricière» à des postes clés pour compléter les comités de direction ou les conseils d'administration actuels de l'industrie alimentaire.
Nous et nos enfants y serons gagnants !




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