Comment dire l'amour dans la rue | Les Quotidiennes

08/01/2009 17:16
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Comment dire l'amour dans la rue

| 01:32  Vous avez dû remarquer, dans certaines rues de Genève, les quelques mots d'amour en capitales roses «Dis-moi que tu m'aimes. Même si ce n'est pas vrai» (Romain Gary à Cristel). Une audacieuse promotion marketing d'une collection exposée à la Fondation Bodmer.




| 28-04-2008 | 01:32

Un des jeux préférés des surréalistes consistaient à faire exprès de se perdre dans les rues de Paris, la nuit venue. Au hasard ou au destin, ensuite, de réunir les amis ou les amants, ceux qui doivent le devenir, le rester ou cesser de l'être. On peut vivre une histoire d'amour entière, avec ses joies et ses drames, rien qu'à jouer dans la rue à se perdre pour se retrouver.

 

Je ne conçois pas, d'ailleurs, de plus beau cadre pour une déclaration d'amour que dans la rue. Par exemple au pied d'un feu avant de traverser une grande artère en fin d'après-midi, coincés au milieu d'un groupe de traders qui sortent déjeuner, entre les coups de klaxons et les bruits d'accélérateurs, si jamais le garçon est timide et qu'il apprend à séduire en lisant Les Fleurs du mal. Il pourrait alors me prendre la main pour me dire « J'attendais que nous soyons dans un poème de Baudelaire pour vous embrasser : ‘La rue assourdissante autour de moi hurlait'… »

 

A l' inverse, si le beau sourire de mon prétendant affiche avec un peu trop d'éclat l' irrésistible certitude de ses charmes, je préfère alors lui céder sur un pont, dans le vent de la nuit, pour qu'il ne puisse pas minauder, qu'il soit obligé de parler fort, qu'il commence à avoir froid et qu'il me propose quand même sa veste, pendant que je fais semblant de fixer la noirceur des eaux en lui donnant la fausse impression que je suis ailleurs, que mon âme est perdue, qu'avec ou sans lui je sombrerai. S'il me veut, ce fringant Casanova, il faudra qu'il en pince pour Nerval: ‘La sainte de l'abîme est plus sainte à mes yeux'.

 

L'audacieuse promotion marketing de la
collection d'autographes exposée à la Fondation Bodmer
, a rendu bien des services à tous les romantiques qui ne rêvent d'amour qu'en plein air, dans les villes, seul parmi les êtres sans amour, avec les mots du coeur le plus pur pour seul langage. Vous avez dû remarquer, dans certaines rues de Genève, les quelques mots d'amour en capitales roses «Dis-moi que tu m'aimes. Même si ce n'est pas vrai» (Romain Gary à Cristel).

 

La rue redevient cet «immense journal déplié» dans lequel André Breton cherchait Nadja. Je suis amoureuse, m'ont dit les affiches de publicité. Je vais l'emmener à la Fondation Bodmer voir la collection d'Anne-Marie Springer. S'il choisit de me dire je t'aime devant la lettre de Napoléon à Joséphine, je lui offre le catalogue et je graverai son nom dans mon coeur et sur ma sépulture. Et si c'est devant celle de Maupassant à son ami «La Tôque», je lui paye toujours son catalogue mais je quitte sur le champ ce rustre infâme. Il comprendra après avoir lu le catalogue, m'enverra des containers de lettres d'excuses dans lesquelles il se prosternera et je recouvrirai les murs de la ville avec. Par amour.


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Je ne peux donner mon avis

Je ne peux donner mon avis sur les affiches que je n'ai pas encore vues, mais quand je lis le slogan il me vient de suite à l'esprit : "La parole est d'argent, le silence est d'or".

un peu de douceur

Je trouve que ces affiches sont particulièrement belles. Et c'est vrai, on a envie de dire, parfois cette phrase: dis-moi que tu m'aimes même si ce n'est pas vrai...


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