L'effet Millenium: la princesse des glaces, le prédicateur

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L'effet Millénium est-il en train de recommencer? L'été dernier je vous avais confié dans quel état d'addiction, comme nombre d'entre vous, m'avait laissé l'héroïne de Millenium, Lisbeth, après la mort de son auteur, une fois avalées les trois tomes sans pouvoir faire quoi que ce soit d'autre.

 

Je ne suis pas loin d'éprouver le même genre de sensation après avoir lu, avec la même avidité, les deux livres de Camila Lackberg "la princesse des glaces" paru cet été et, le mois dernier son suivant "le prédicateur".
Comme dans Millénium le personnage principal est une femme, jeune, indépendante, opiniâtre, désireuse de savoir la vérité, toutes les vérités.

 

Ici elle n'est pas spécialiste d'Internet mais éprise de journalisme et de littérature. L'action se passe dans une station balnéaire l'été, lieu où elle passe ses étés depuis l'enfance et où, après la mort de ses parents, contre la volonté d'une partie de sa famille, elle souhaite faire de la maison de vacances son refuge, sa tanière, son habitacle peut être pour son écriture.
Patatras, croyant trouver le calme, elle débarque dans ce petit village aux apparences si tranquilles au moment de la découverte du meurtre, dans sa baignoire, d'une de ses amies d'enfance. La proximité avec la victime, ses amitiés au village, son tempérament de journaliste vont l'emporter et l'entraîner à mener l'enquête.

 

Le suspense est bien tenu, l'intrigue dense, les personnages bien campés. Je ne peux vous en dire plus sur la princesse des glaces sans rompre le pacte que l'auteur noue avec son lecteur: de grâce laisser à chacun et chacune le soin de démêler ce crime passionnel. Le lecteur a, en effet, une part active dans la recherche de la vérité tant il est convié à percer le mystère et part, avec ardeur, sur de fausses pistes...
C'est dire que j'attendais avec impatience la suite avec "le prédicateur". Même héroïne un peu plus âgée, enceinte de son amoureux qu'elle connaît depuis l'enfance, même maison dans la petite station balnéaire.
Elle pense passer un été allongée à observer son ventre et à préparer de bons petits plats le soir pour son mari flic. Hélas, hélas un crime atroce puis un second non moins horrible vient perturber les rapports amoureux entre les deux tourtereaux partis à la recherche des responsables.

 

Malédiction sur une famille chargée de tous les maux? Crime de hasard commis par un étranger? Les victimes sont des jeunes filles qu'un sadique enferme dans un trou et que l'auteur fait vivre par de courts chapitres où notre sang se glace à l'évocation de leur clavaire..Sorcellerie, malédiction, folie engendrée par la religion? Là aussi je ne peux vous en dire plus. Loin de moi la perversité du dévoilement, juste l'envie de vous dire que l'auteur sait manier avec une délicieuse perversité les secrets de famille, élabore avec une maîtrise du temps peu commune la lente ascension des rebondissements, orchestre un drame psychologique où la génétique ne vaut pas preuve de culpabilité et tient en haleine son lecteur en brouillant de nouveau les pistes pour mieux l'égarer et ainsi le tenir captif jusqu'à la dernière ligne. Il ya du Bergman mâtiné de Hitchcock chez cette princesse du suspense.
La princesse des glaces, le prédicateur chez Actes-Sud.

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