Le monde compte une nouvelle grande dame. A 14 ans, elle mesure deux mètres six.

dumont2_149_0.jpg

© DR

On parlait jadis des grandes dames. Les dernières restent sans doute celles que Marcel Proust racontait, avec une plume déjà nostalgique, vers 1920. On ne voit pas très bien comment Oriane de Guermantes pourrait survivre dans le monde actuel. N’oubliez pas que ces gentes personnes ne faisaient rien de leurs dix doigts, si ce n’est de se les laisser manucurer.

 

Il a alors fallu se rabattre sur d’autres grandes dames, celles que créait le monde du spectacle. Edwige Feuillère devint ainsi celle du théâtre français, titre qui mettait du reste la comédienne en colère, tant elle le trouvait absurde. Mais j’ai bien lu depuis qu’Anne-Marie Peysson fut «la grande dame de la radio française». A cette aune-là, la défunte Rita Cadillac pourrait donc bien avoir été la première «grande dame du strip-tease français».

 

Aujourd’hui, tout cela se voir balayé. Fini! On ne parle plus que de grandes filles. Ces top-modèles qui font volontiers un mètre quatre-vingt pour cinquante-cinq kilos. Il paraît que ces créatures font rêver les foules. Celles-ci n’ont pas intérêt à les voir toutes de près. J’ai surpris il y a quelques semaines un «shooting», comme on dit maintenant, dans les rues de Paris. Juchée sur d’interminables talons, l’échalas ukrainien mis en vedette avait l’air d’avoir entre trente et quatre-vingts ans. Plutôt quatre-vingt en fin de séance.

 

De toute façon, ces filles risquent bien un jour de se voir détrônées par Elisany Silva. A quatorze ans, cette Brésilienne mesure déjà deux mètres six. Elle fait ainsi cinquante-cinq centimètres de plus que la moyenne des femmes de son âge. En plus, il paraît que ce n’est pas fini pour elle. L’écolière ne peut pourtant déjà plus prendre le bus de ramassage. Elle ne fréquente du coup aucun cours depuis trois mois. M’est avis qu’elle pourrait faire un effort, si elle voulait. Pliée en trois, comme certains lits d’appoint, cela devrait rouler pour elle.

 

Notez que les choses tombent bien. Comme le 99% des produits de sa génération, Elisany rêve de devenir mannequin. C’est bien parti pour elle. Sa vidéo, il y a quelques jours, avait déjà été vue 628.992 fois. Les internautes ont dû ouvrir de grands yeux pour s’assortir au sujet.

 

Côté patronyme, cela ne sonne pas mal non plus. Elisany Silva, c’est à la fois proche et exotique. Un peu comme pour Gisele Bundchen, autre Brésilienne au patronyme métissé. En tout cas, le nom interpelle.

 

Et si on pense que nombre d’adolescentes actuelles, perturbées par le poids qu’elles n’ont pourtant pas, s’empêchent de manger et demeurent du coup lilliputiennes… Mais dans quel monde vivons-nous?

Publier un nouveau commentaire

Etienne Dumont

© DR

La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

Lire la suite

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…