L'avenir de la place financière suisse passe-t-il par la finance durable?

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Tel était le sujet du débat lancé par Sustainable Finance Geneva jeudi soir devant un parterre d’une centaine de personnes. Quatre intervenants ont dû se prononcer sur 3 scénarii à l'horizon 2020, présentés par Angela de Wolff : 1. le statut quo – business as usual, on continue après la crise comme si de rien n’était ; 2. l’évolution – responsabilisation de la finance et de l’investissement, exigence de transparence et de traçabilité, étiquetage des produits financiers en terme de rendement/risque et d’impact ESG (environnement, social, gouvernance), et majorité des avoirs sous gestions dans l’investissement socialement responsable (ISR) ;  3. la rupture – la finance au service d’une économie durable, fin du court-termisme, fini la cotation boursière en continu et  intégration des externalités liées aux impacts économiques, sociaux et environnementaux dans la valeur des entreprises.

 

Pour Daniel Trèves (La Compagnie Benjamin de Rothschild), Pierre-André Leuenberger (Crédit Suisse), Dominique Biedermann (Ethos) et le Conseiller d’Etat David Hiler, l’avenir suivra la piste de l’évolution. Les intervenants étaient tous d’accord qu’il y a un besoin de labellisation fiable des produits d’investissement durable et une nécessité de transparence sur leurs rendements économiques et leur performance non-financière. Pour ce faire et comprendre ces nouveaux produits,  il faudra créer un centre de formation sur la finance durable, et pourquoi pas à Genève.

 

Les caisses de pension, avec leur vue à long terme, sont plus susceptibles d’investir dans des fonds ISR ou ESG et elles pourraient entraîner un mouvement vers ce type d’investissement. Mais pour le conseiller d’état David HIler, pas question de mettre des quotas ou des incitations ou pénalités fiscales. D’autres places financières comme Paris ou Amsterdam ont déjà annoncé qu’ils misaient sur la finance durable ; la Suisse s’adaptera à la demande, mais n’a aucune ambition d’être leader dans l’investissement socialement responsable. Visiblement, la crise n’a pas été assez profonde pour amener une révolution dans l’approche de la finance en Suisse.

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Edmée Cuttat

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