La veuve et sa villa à 390 millions d'euros

dumont2_58_0.jpg

© DR

«Le malheur des uns fait le bonheur des autres.» On connaît la chanson. «On ne prête qu’aux riches». La chose se vérifie tous les jours. Il n’y a que certaines banques pour prêter aux pauvres. Notez que cela ne leur réussit pas toujours très bien. Pensez aux Etats-Unis.

 

Si je vous dis ça, c’est parce que je vais vous raconter une histoire de gros sous. Mais alors vraiment très gros, les sous. Il s’agit en effet d’une villa à 390 millions d’euros. Oui, vous avez bien lu. Même si cette monnaie, naguère conquérante, a quelque peu baissé de valeur par rapport à notre monnaie, cela fait tout de même 580 millions de francs suisses. Une paille!

 

Construite en 1902 par le roi des Belges, la Leopolda se trouve à Villefranche-sur-mer. Autant dire qu’elle offre une vue imprenable. Autrement, elle aurait déjà été prise. Affirmer que la maison est immense semble exagéré. Elle ne compte que onze pièces principales. Tout se joue sur le parc. Quatre-vingt mille mètres carrés sur la Côte d’Azur, avec un jardin à l’italienne en terrasses, voilà qui en impose. Si vous voulez mon avis, je préférerais pourtant la Favorita, près de Lugano, aux mains des Thyssen. Il y a quelques années, ces derniers l’avaient mis en vente pour 50 millions de francs, mais ils n’avaient pas trouvé d’acquéreur.

 

 

Or donc, la Leopolda appartient à une veuve. Une veuve en or, évidemment. Il s’agit de Madame Safra, une dame dont le mari a fort mal fini. Je ne vais pas ici vous raconter l’histoire du meurtre à Monte-Carlo, qui remonte à 1999. Les journaux ont beaucoup, beaucoup parlé de cette affaire. Il faut dire que la banque Safra touche de près Genève.

 

 

Contrairement aux Thyssen, Lily Safra avait trouvé un client à 390 millions. Il s’agissait de Mikhail Prokhorov. Un oligarque, cela va de soi. Archi-milliardaire, comme de bien entendu. En 2008, ce dernier s’était engagé. Il avait versé une garantie. Oh, juste le dixième du prix. Que sont 39 millions (d’euros toujours), quand a autant de roubles et qu’on est roublard?

 

 

Seulement voilà! Le destin a frappé Mikhail au plus profond de sa chair, c'est-à-dire au niveau du porte-monnaie. Une de ses sociétés a fait faillite. L’homme d’affaires a donc décidé, pour économiser, de ne pas finaliser la transaction. Lily Safra l’a mal pris. Ou plutôt elle a tout pris. La dame a refusé de lui rendre les 39 millions des arrhes légaux français.

 

 

Le Russe s’est fâché. Procès. Le tribunal de grande instance de Nice vient de trancher. Pas de remboursement. Camouflet suprême, Mikhail devra même payer 1,5 million (d’euros toujours) à Madame Safra pour «dommages et intérêts».

 

 

La veuve se devait de jouer le beau rôle. Elle a annoncé la grande nouvelle. Les quarante et quelque millions iront à des œuvres caritatives. On en connaît la liste. Sans surprise, c’est le Centre Edmond Safra d’Harvard qui rafle le gros lot. Il est voué à l’éthique (eh oui!). Le reste ira à l’institut de la moelle épinière de la Salpêtrière et à l’Institut Claude-Pompidou pour (ou plutôt contre) la maladie d’Alzheimer.

 

 

Merci Madame!

Publier un nouveau commentaire

Etienne Dumont

© DR

La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

Lire la suite

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…