La robe blanche de Michelle Obama

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La robe était blanche. Il ne s’agissait pourtant pas d’un mariage, même sil y avait un peu de ça. Signé par Jason Wu, un jeune créateur de 27 ans, le modèle se voyait arboré par Michelle Obama le soir de l’investiture présidentielle. Les noces avec le pouvoir, en quelque sorte.

 

 

Eh bien, cette tenue, la First Lady (n’ayons pas peur des deux mots, qui font si adorablement cliché) ne la remettra plus. Elle vient de l’offrir au Musée de l’histoire américaine, qui rassemble notamment les tenues des présidentes. Au fil des cintres de l’institution, il doit y avoir des hauts et des bas. Vous imaginez ceux qui supportent les toilettes de Mrs Eisenhower, dite «Mamie», ou de Madame Bush Ier, que tout le monde a oubliée…

 

 

Michelle Obama s’étonne du bruit occasionné par son don. «Cette robe, je ne l’ai mise qu’une seule fois au bal qui a suivi, et je ne l’ai jamais revue depuis.» C’est compter sans le fétichisme éternel. Si les nonos des saints ne font plus autant recette, le nom d’une ancienne propriétaire de robe peut participer de la magie. Il n’y a qu’à suivre les enchères de «memorabilia», comme ont dit chez Christie’s ou chez Sotheby’s.

 

 

C’est vrai! Tout tient au nom. Une paire de souliers rouges peut sembler banale. Sauf s’il s’agit de celle (ou de l’une de celles) portés par Judy Garland dans «le magicien d’Oz». Il s’agit dès lors d’un «collector». Pour le posséder, certains sont prêts à dépenser n’importe quelle somme. Cette relique se voit dotée d’un prestige infini, surtout quand elle se révèle un brin défraîchie. Si les saints se devaient de sentir la rose, une chaussure peut encore exhaler l’odeur de sa propriétaire.

 

 

Evidemment, comme au Paradis, on reste plus ou moins proche du divin. Judy, c’est bien. Garbo, c’est mieux. Marilyn, c’est le top. Sa seconde peau, portée pour chanter «Happy Birthday Mister President» à un John F. Kennedy qu’elle connaissait sous toutes les coutures, a ainsi pu se vendre 1,3 million de dollars en 1999. On ignore en revanche combien le Musée du cinéma de Turin a payé un soutien-gorge blanc de la star, présenté au fond d’une galerie sur un mannequin de vitrine noir. Il se situe encore plus proche de l’essentiel: le corps.

 

 

Existe-t-il une bourse pour ces vêtements mythiques? Sans aucun doute. Les gens s’étaient rués, de son vivant, et plus encore juste après sa mort, sur les parures du soir de Lady Di. Que vaudraient-elles aujourd’hui? Difficile de le dire. L’une d’elles est entrée au Victoria & Albert Museum, sans que les fans déposent à ses pieds le moindre petit bouquet aux couleurs de crème anglaise…

 

 

P.S. Puisque nous sommes en Angleterre et dans le monde du chiffon, je profite pour vous dire que la dernière collection d’Alexander McQueen a défilé mercredi à Paris. Les assistants du couturier, qui s’est suicidé le 11 février à 40 ans, l’ont achevée à temps. Il paraît que c’est spectaculaire, avec plein de damas, de fils d’or et de plumes repeintes à la main. N’empêche (même si je peux me tromper), que côté couture, McQueen ne deviendra jamais un nom magique. Même la gloire de l’acteur américain du même nom, Steve, semble aujourd’hui bien ternie…

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…