«Chassez le naturel, il revient au galop.» J’ignore si vous savez d’où vient l’expression. Eh bien, moi je sais. Elle serait tirée d’une pièce de Nicolas Destouches intitulée «Le Glorieux». Et qui est Nicolas, au fait? Alors là, je sèche. J’avoue. Ils sont si nombreux à porter ce nom bien français sur Internet que les parfaits homonymes finissent par se bousculer. Il semble néanmoins qu’il s’agisse là d’un auteur dramatique d’avant 1789… Pourquoi ce préambule? Parce que la petite histoire américaine suivante y fait penser. Nous sommes quelque part aux Etats-Unis. L’Amérique profonde, à ce qu’il semble. La jeune Olivia O’Neil s’inscrit à un concours de beauté pour adolescentes. Vous savez que la beauté commence tôt. Il existait ainsi naguère des compétitions pour désigner «le plus beau bébé». Bref. Cette fille de 15 ans remporte la timbale et coiffe vraisemblablement la couronne. Son titre reste valable pendant un an. Le temps des métamorphoses. Quand elle défilait sur le podium, Olivier avait les cheveux dorés. Une petite entorse à la nature. Quelques mois plus tard, l’adolescente revient à sa couleur naturelle, le brun, et le fait savoir. Comment? Mais en annonçant cet événement capital sur Facebook, bien entendu! Et c’est ainsi que l’organisatrice du concours découvre, horrifiée, le changement. «C’est une perruque! J’espère que oui. Ne me fais pas faire une crise cardiaque», écrit-elle à sa miss. Il y a, comme ça, des gens qui ont le cœur fragile. Olivia a alors senti qu’elle se trouvait au cœur d’une polémique. Une idée qui ne lui plaisait pas tant que ça. Elle a alors répondu qu’elle rendait son sceptre et son manteau d’hermine s’il y avait des problèmes. Comme il y en avait, sa proposition a été acceptée. La reine s’est donc retrouvée roturière de la beauté. Les responsables du concours ont alors précisé que les miss devaient garder «la même image tout au long de l’année». On voit qu’il se manifeste des Geneviève de Fontenay partout, même si elles n’arborent pas ici la même superbe. Cela dit, la chose semble bien mineure. Que ce serait-il passé si Olivia avait, par exemple, refait ses seins? Jetant ses bonnets par-dessus les moulins, pour paraphraser une autre expression, elle serait alors passée trois tailles au-dessus… Aurait-elle été chassée d’un doigt vengeur, comme Eve du Paradis, ou, vu le milieu puritain où nous semblons être, l’organisatrice aurait-elle pudiquement feint de ne rien remarquer? Son regard ne saurait porter aussi bas, même si une poitrine refaite devrait en principe rester ferme
La fausse blonde perd sa couronne de Miss

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