La dernière des Bo s'est fait la malle

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Il faut une fin à tout. Notez que cela peut prendre du temps. Il y avait ainsi soixante-cinq mille ans que les Bo (aucun rapport avec Bo Derek) vivaient sur les îles Andaman, quelque part dans l’océan Indien. Et bien l’une des tribus vient de s’éteindre. Son dernier membre est décédé. Il avait aux alentours de 85 ans. Comme vous l’avez déjà compris, et ainsi que le veut la logique, il s’agit d’une femme. Le sexe faible est en grande partie formé de veuves et de survivantes.

 

 

Les Bo n’ont jamais été nombreux. A une époque où l’on aime bien compter en milliards, ils approchaient les 5000 individus au moment de la colonisation britannique. Autrement dit en 1858. Là, comme partout, les choses se sont mal passées. Le colonisateur est un monsieur (il y a peu de dames avec eux) qui amène avant tout des maladies. La plupart des Bo avaient donc succombé à des maux qui leur restaient jusque-là inconnus, autrement dit épargnés.

 

 

Comme dans «Astérix», il avait cependant survécu quelques villages d’irréductibles. Les Bo se maintenaient ainsi au milieu de neuf autres tribus, tout aussi restreintes. Chacune d’elles pouvait ainsi conserver sa langue. Vous voyez qu’en ce bas monde, on peut faire plus restreint encore que les trois versions de notre romanche grison. Après la décolonisation, les Indiens se sont substitués aux Anglais. C’est eux qui faisaient, si l’on ose dire, bouillir la marmite dans les îles Andaman.

 

 

Inexorablement, comme dans les «Dix petits Nègres» d’Agatha Christie ou comme avec les poilus de Verdun, les Bo n’en finissaient cependant pas de disparaître. Plus que six. Plus que cinq. Plus que quatre. Restait finalement, solitaire, Boa S. Seule de son espèce, elle restait par ailleurs faiblement entourée. Les recensements ne doivent pas prendre ici beaucoup de temps. Les Grands Andamais, toutes espèces confondues, seraient aujourd’hui 52.

 

 

N’empêche que Boa prenait de l’âge. Et elle restait l’unique locutrice, comme on dit en termes savants, capable de maîtriser sa langue. Autant dire qu’elle trouvait étroitement surveillée par Survival International. Encore un idiome menacé de passer à la trappe!

 

 

Eh bien, c’est aujourd’hui chose faite. Nul ne parlera plus le Bo, à moins de vraiment vouloir l’apprendre à partir des enregistrements réalisés. «Une part unique (c’est le cas de le dire!) de la société humaine n’est plus qu’un souvenir», a déclaré Stephen Cory, le directeur de l’organisation. «On ne doit pas permettre que cela arrive aux autres tribus des îles Andaman».

 

 

Oui. Mais comment faire? Boa l’octogénaire était pourtant une solide. La preuve! Lors du tsunami de 2004, c’est elle qui a appelé au calme. «La terre va s’ouvrir. Ne fuyez pas. Ne bougez pas.» Et les gens autour d’elle ont survécu…

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…