«Le code de la route doit devenir le code de la rue» | Les Quotidiennes

08/01/2009 14:29
Imprimez Envoyez Commentez cet article

«Le code de la route doit devenir le code de la rue»

DEBAT | 05:12  Alain Rouiller de l'ATE, Association transports et environnement, plaide pour que la route ne soit pas le territoire des seuls véhicules motoriés mais qu'elle soit à tout le monde, y compris aux plus faibles, piétons et cylistes.




Alain Rouiller, consultant en mobilité-sécurité à l'ATE, Association transports et envisonnement


MARIE-CLAUDE MARTIN | 20-11-2008 | 05:12

Pour l’ATE, Association transports et environnement, c’est à la Confédération d’arbitrer plutôt que de se défausser sur les cantons, qui appliquent des peines différentes selon leur sensibilité.

 

«La manière la plus efficace et rapide de lutter contre les chauffards est d’assainir les points noirs, c’est-à-dire les lieux où les accidents se répètent, et d’augmenter les contrôles de police, surtout la nuit. C’est à la fois dissuasif et préventif», dit Alain Rouiller, consultant en mobilité-sécurité à l’ATE.

 

Ces deux mesures permettraient de réduire d’un gros tiers le nombre de morts et d’accidentés graves.

 

La force des lobbies
Mais ces mesures coûtent cher! «C’est l’argument que l’on entend chaque fois pour ne pas entrer en matière. Personne ne dit «je suis contre», mais «ça va coûter cher». Nous en sommes à la 6 ou 7e version de Via Sicura. A chaque fois, elle est édulcorée pour ne pas heurter les lobbies. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut être plus sévère, mais chaque groupe prêche pour sa paroisse.»

 

Révolution copernicienne
Si l’ATE est en accord avec toutes les mesures techniques proposées par Via Sicura, l’Association voudrait aller plus loin: «L’idée est de changer notre point de vue sur la route, comme nous l’avons fait avec la drogue. Quelle révolution copernicienne ce fut quand nous avons considérés les drogués comme des malades plutôt que comme des criminels!"

 

De la même manière, l'Association plaide pour que l’usager de la route ne soit pas seul fautif. "C'est le système en lui-même qui ne va pas: les fabricants de voiture, les concepteurs de route, les législateurs, les médias, la pub etc. La route, c’est un ensemble de responsabilités."

 

Le droit du plus faible
Alain Rouiller et son Association envisagent même de relancer le débat autour des rapports de force sur la route, en prenant exemple sur la Belgique qui a introduit un principe de précaution, basé sur la priorité du plus faible. "Le piéton sur le cycliste, le cycliste sur la moto, la moto sur la voiture et la voiture sur le camion. A priori, c’est le plus fort qui a tort. Nous pensons que le code de la route doit s’ouvrir au code de la rue, un espace qui appartient à tout le monde.»


Reagissez à cet article!

Imprimez Envoyez Commentez cet article


A lire également dans la même rubrique :

D'autres articles


Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter des Quotidiennes en envoyant "OUI" à lesquotidiennes@edipresse.ch

Nuage de tags

Actu TDG

Vaud 24heures

News Femina