On connaît l'oeuvre de Stefan Zweig depuis longtemps et nombreuses sont les lectrices et les lecteurs à s'être délectés à lire ses biographies de Balzac, de Marie-Antoinette ou de Montaigne. Nous avons tous vibré en lisant ses nouvelles comme "La Peur" ou "Brûlant secret." Nous avons toutes et tous mieux compris l'effondrement de l'Europe en lisant ce livre magistral qu'est "Le monde d'hier."
Incroyable mais vrai:un inédit de Zweig vient d'être retrouvé et à peine est-il en librairie qu'il fait un tabac.
Après l'avoir lu j'en comprends les raisons: l'histoire se passe dans une grande ville occidentale. Un jeune homme pauvre est engagé comme secrétaire d'un grand industriel. Zweig sait admirablement décrire l'atmosphère feutrée de l'univers bourgeois: lumières diffuses, confort matériel, possibilité de se trouver en harmonie avec soi même.
Le jeune homme, pour la première fois de sa vie, se sent accueilli: la jeune épouse de l'industriel n'a que de l'empathie pour lui qui, bien vite, va se transformer en un sentiment maternant amoureux. Elle a en elle de la sauvagerie, de l'idéalisme. Bonne épouse, admirable mère certes mais biche romantique aussi.
Comment naît l'amour?
Je ne vais pas vous raconter par quel mouvement dialectique ces deux coeurs et ces deux corps vont se rapprocher puis s'éloigner pour, de nouveau, se retrouver.
Le livre s'ouvre par une scène remarquable sur un quai de gare et se clôt dans une rue où des manifestants clament leur amour de la guerre. Comme toujours chez Zweig la guerre rôde, la mort aussi, omniprésente ainsi que la sensation de s'en approcher.
Comment l'amour naît-il? Peut-il disparaître? Le temps agit-il sur le désamour?
L'amour est-il possible quand on vieillit?
Ce livre est un bijou. A offrir sans modération à toutes les amoureuses et amoureux.
"Le voyage dans le passé", de Stefan Zweig. Grasset.




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