Job de rêve, job alimentaire, job tout court?

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Aggravation du phénomène de société à deux vitesses, pas de travail, trop de travail, travail trop rémunéré, les colonnes de nos journaux et nos écrans ne parlent que de cela : chômage des jeunes, chômage des seniors, burnout, jeunes traders et sportifs surpayés, augmentation « obligée » des salaires pour les super-managers de l’UBS.

 

Trop, trop peu, comment revenir à la raison ?

 

D’une part, il est inconcevable de laisser une partie de la population, les jeunes et les seniors sur le carreau et surtout sans travail. En Suisse, le travail reste et demeure un des critères d’identité individuelle les plus importants. Le discours : « Réinsérons les jeunes, incitons les employeurs à garder les apprentis formés et les parlementaires à parrainer chacun 2 jeunes, orientons les jeunes sur les professions qui embauchent, soutenons les seniors qui se retrouvent sans emploi ». Très beau tout cela, mais assez inefficace pour l’instant.

 

D’autre part, dans un pays qui base son identité et sa réputation sur le système bancaire et financier, les hauts dirigeants ne conçoivent pas en quoi le commun des mortels peut trouver indécent de s’accorder des hausses de salaires en proportion des licenciements. On nous parle d’offre et de demande, de survie de l’entreprise, 3 millions, 25 millions, des salaires qui ne veulent juste plus rien dire. Des salaires qui ont mené aux bulles spéculatives et aux vagues de licenciements ?

En tous les cas, l’Etat a bon dos et finit toujours par payer les pots cassés par une facture sociale qui prend l’ascenseur (avec bien sûr interdiction de faire concurrence aux entreprises privées par la création d’entreprises sociales par exemple !).

 

Trop, trop peu, mais quelle valeur a donc le travail ? Job de rêve, job alimentaire ou  job tout court ?

 

L’ère des congés payés arrive à ses limites. Ce n’est plus du travail et des loisirs pour tous, mais des loisirs à ne plus savoir qu’en faire pour certains et la sueur et les pleurs pour les autres.

 

Nous devons donc trouver d’autres modèles, des modèles peut-être empruntés à l’Ex-économie planifiée des pays de l’Est pour redéfinir le rôle de l’Etat en matière de redistribution non plus des richesses, mais du travail.

 

Un rôle où l’Etat aurait le droit de faire concurrence au secteur privé ou d’imposer aux entreprises d’employer les personnes émargeant de l’aide sociale pour garantir le plein emploi. Par ce système tout individu resterait officiellement dans le circuit du travail, aurait la possibilité de conserver voire développer ses compétences et de conserver sa dignité en subvenant à ses besoins.

 

Je rêve, direz-vous, un raisonnement de gamine de 5 ans? N’ai-je donc pas vu où a mené cette fameuse économie planifiée ? Peut-être, mais quand on voit les ravages que cause le chômage, l’Etat « Néo-communiste » remplaçant l’Etat Providence ? Peut-être une solution que nos sociétés néo-capitalistes auraient avantage à creuser en profitant des erreurs commises et en inventant un nouveau modèle performant : celui du job tout court ?

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