Toujours le même petit Samuel (mais qui, depuis le temps, a fêté ses six ans) aimerait, de tout son cœur, voir mon appartement. Si gentiment et si clairement demandé, j’accepte. L’y invite. Dans cette brève visite, il lâche : « Je pourrai venir habiter chez toi quand tu seras morte ? ». Comme à son habitude, sa spontanéité me cloue le bec. Impossible de répondre. « Parce que j’aime bien ! », ajoute-t-il, contemplatif et songeur. Je bredouille : « Pourquoi pas… Mais je, je… compte vivre encore quelques années. Enfin, j’aimerais bien. Ça risque d’être long, tu sais ». Samuel n’entend pas (peut-être suis-je déjà morte ?). Le regard plongé vers la ligne d’horizon qui épouse le Moléson, il ajoute, le plus naturellement du monde : « et pis je garderai tes deux chats. Ça plaira à ma femme d’avoir deux chats. »
On retrouve les aventures de Samuel dans «Bon nombre d’abrutis», «Si un jour» et «ça, c’est lui qui choisit».




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