Les manifestations se poursuivent dans les rues de Téhéran, et les vidéos prisent par des citoyens continuent à être envoyées à la grande presse pour informer le monde de la violence des répressions. Selon Business Week, l'actualité de leurs journaux dépend de ces témoignages receuillis par des reporters amateurs. Les journalistes internationaux sur place sont menacés et n'ont pas le droit de quitter leur bureau, d'autres ont été carrément renvoyés du pays comme le correspondent Ulrike Putz de Spiegel Online et Jon Leyne, le correspondent permanent de la BBC. En d'autres circonstances, une plus grande importance serait accordée à l'authenticité de la source et de l'image, mais vu l'enchaînement rapide des événéments, ces considérations ont été balayées. La rapidité des réseaux sociaux rend en pareille circonstance le processus de vérification traditionnelle totalement dépassé.
Quasiment un manifestant sur deux est armé d'un caméraphone et prend des photos ou des vidéos. En général les réseaux s'écroulent sous le poids des transmissions de données au bout d'une heure, selon le journaliste Antonia Rados de RTL, rapporte Business Week.
L'Iran, connu pour sa censure de l'Internet, tente de faire de même avec les téléphones portables et les théories vont bon train spéculant sur les moyens dont dispose le gouvernement pour controller les échanges. La BBC rapporte qu'une société de sécurité, Arbor Networks, qui collecte et analyse le traffic Internet auprès d'une centaine d'ISP dans le monde, montre clairement selon un graphe, que tout trafic dirigé vers l'Iran dès 13:30 le lendemain des élections, s'est arrêté net. Un signe que les télécoms Iraniens ont carrément tiré les prises stoppant toute communication avec le monde extérieur. Puis les jours suivant, peu à peu le traffic a repris, toujours selon Arbor Networks, qui pense que le gouvernement a réenclenché le système pour installer par étape son système de filtre.
Selon un autre article de la BBC, Nokia Siemens Network* confirme avoir fourni à l'Iran une technologie en 2008 qui permet de surveiller tous les appels, sms, messages instantannés et trafic web. Plutôt que de bloquer le trafic, ce système interroge les données pour connâitre l'information qui circule. Ce serait peut-être une des raisons pour lesquels, appels, photos et vidéos continuent à pouvoir sortir d'Iran. Egalement, l'Iran a une économie de commerce et ne peut pas se permettre de couper complétement ses communications avec le monde extérieur.
*Précisons que Nokia fournit cette même technologie à 150 pays dans le monde et qu'elle fait parti d'une architecture standard des télécoms qui permet aux gouvernements d'intervenir dans des cas légitimes - ce qui n'est pas le cas en Iran.




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