Interdire les minarets, ou comment promouvoir les droits des femmes

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La campagne en faveur de l’initiative anti-minarets a commencé avec une mauvaise foi qui hélas ne surprend plus de la part de l’UDC. Non seulement chaque affiche représente deux fois plus de minarets que leur nombre réel à l’heure actuelle en Suisse – démontrant ainsi le fossé qui sépare fantasmes et réalité –, mais la présence d’une femme voilée indique la menace qui pèse sur le pays : en plus de prétériter nos valeurs démocratiques, la soi-disant « islamisation rampante » de notre société constitue un danger intolérable pour les femmes suisses. L’initiative constituerait ainsi un rempart contre les inégalités de genre propagées par l’islam radical et contribuerait à préserver les droits des femmes suisses et à promouvoir l’égalité des sexes garantie dans notre constitution. Vous en doutez ?

 

L’UDC n’est-elle pas connue pour ses engagements répétés en faveur de l’égalité? On pourrait croire qu’elle s’oppose parfois à certaines actions de l’Etat visant à la mettre concrètement en œuvre, mais c’est sans doute un effet d’optique. Il est également vrai qu’on a entendu dire que l’UDC préconisait la suppression des Bureaux de l’égalité à travers le pays, qu’elle refusait de manière systématique l’allocation de moyens financiers pour une répartition plus égalitaire du travail familial non rémunéré ou qu’elle s’opposait à toute mesure concrète permettant d’améliorer l’égalité salariale entre hommes et femmes, mais ce ne sont sans doute là que des ragots sans fondement… Au contraire, grâce à l’initiative anti-minarets, la société suisse sera préservée d’une islamisation qui menace ces belles valeurs et prétérite le combat de tous les instants de l’UDC en faveur de l’égalité et de la liberté des femmes!

 

Plus sérieusement, on constate que cette « proposition » ne contribue en rien à préserver le droit des femmes suisses, à moins que ce « droit » soit celui de se complaire dans une situation d’inégalité crasse, où la prise en charge de la famille, des enfants et des personnes âgées doit demeurer l’affaire des seules femmes. Si les problématiques liées aux droits humains et aux droits des femmes ne doivent pas être éludées –  et ce notamment en ce qui concerne leur traitement au sein de la communauté islamique en Suisse – la question de l’égalité des sexes ne fait pas exception à la caractéristique essentielle du texte visant à l’interdiction des minarets, puisqu’il contribuera en cas d’acceptation par le peuple à aggraver les problèmes qu’il prétend résoudre !

 

Se réclamant de la paix religieuse, l’initiative définit l’autre avant tout en tant que croyant et attise les stigmatisations. Proposant une « solution » à l’intégration des musulmans en Suisse – par ailleurs optimale en réalité –, elle leur prête des volontés de domination politique tout à fait fantaisistes et, en creusant ainsi un fossé d’incompréhension entre communauté, fait le lit d’un extrémisme qui a pourtant jusqu’à présent épargné le pays. Prétendant en filigrane combattre l’insécurité, elle contribue enfin à propager son sentiment au sein de la population. Et, pendant ce temps, loin des émotions et des instinct primaires réveillés par l’affiche choquante de l’UDC, cette dernière continue de dynamiter les initiatives du PS qui visent à promouvoir une véritable égalité entre les hommes et les femmes de Suisse au-delà de leur niveau social ou économique, de leur culture ou de leur religion.

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.