Leila Asloun de Vries est la seule femme à diriger une société de voirie | Les Quotidiennes

19/11/2008 17:13
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Leila Asloun de Vries est la seule femme à diriger une société de voirie

PORTRAIT | 11:38  Agée de 37 ans, elle a fondé ProP S.A. en 2004.




Leila Asloun de Vries.«Je préfère la ville à la campagne. Il y a plus à nettoyer.» (photo: Pascal Frautschi)


THIERRY MERTENAT | 16-06-2008 | 11:38

Un beau portrait photographique ne dit pas toujours la vérité. La vérité est que la femme qui pose, ci-contre, dans une douce nature pleine de chlorophylle, n’aime pas trop la campagne. «Trop propre, la campagne», glisse-t-elle dans un éclat de rire. Professionnellement, la ville lui réussit mieux. Ses aubes remplies de corbeilles débordantes, ses lendemains de fêtes transformant pelouses et parcs en déchetterie à ciel ouvert la comblent.

 

Et pour cause: Leila Asloun de Vries dirige une entreprise privée de voirie et de nettoiement, la seule à Genève créée par une femme. Quand on lui demande s’il existe ailleurs une concurrence féminine à cette exclusivité locale, elle répond sobrement: «Je n’en ai jamais entendu parler.»
Bien dans son métier l’énergique trentenaire a fondé ProP S.A. en 2004, avant de s’associer à Bernard Girod de Serbeco pour asseoir sa logistique et prendre son envol. Depuis, sa société ne cesse comme nos déchets de prendre du volume. La Ville de Genève est rapidement devenue son premier client.

 

A la rue François-Dussaud, on fait les yeux doux à Leila Asloun de Vries. Avec ses trois balayeuses industrielles, ses deux camions et ses véhicules légers remontant les Bastions au lever du jour, la dame a de solides arguments à faire valoir. La Genève festive ne peut plus se passer de ses services, de ce savoir-faire compacteur qui rassemble et évacue à vue vers les filières de recyclage. Pas étonnant que le logo swinguant de ProP se retrouve chaque année à la fin du défilé de la Lake Parade, engagé dans cet effort municipal qui consiste à faire disparaître en quelques heures les 25 000 tonnes de déchets jonchant les quais.

 

Réussir ce rendez-vous annuel, c’est s’ouvrir les portes de tous les autres. A commencer par celui en cours. Pour préparer son Euro, Leila Asloun de Vries s’est mise dans la peau d’un entraîneur de foot. Il a fallu recruter, étoffer les équipes pour monter, en moins d’un mois, une brigade de 35 collaborateurs, répartis sur les trois zones sensibles: plaine de Plainpalais, Vernets et Bout-du-Monde.

 

Comme la responsable ne peut pas «se dégager totalement de l’opérationnel», il n’est pas rare de la croiser sur le terrain à l’heure très matinale de la prise de travail, mais aussi à celle, plus indue, où la ville endormie appartient à ceux qui la nettoient. Inutile de parler vacances avec Leila Asloun de Vries. «J’ai agendé une semaine à la montagne fin août, une autre à la mer fin septembre.» Avec sa fille, Victoire, âgée de 7 mois. Un prénom qui répond au sourire contagieux de sa mère.


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