Les salaires des PDGs (Président Directeur Général) sont généralement comparés sur une base « marché », c'est-à-dire par rapport à leurs pairs dans le même secteur d’activité ou dans un pays donné. Des consultants en ressources humaines compilent les études de marché qui sont la base de la justification de ces rémunérations, sans états d’âme par rapport au conflit d’intérêt inhérent à leur activité de chasseur de têtes. En effet, les sociétés de recrutement sont rémunérés sur un pourcentage du salaire du cadre dirigeant engagé, entraînant ainsi un effet d’inflation.
Pourtant un nouvel indicateur est en train d’émerger : la loi de la réforme financière aux Etats-Unis, la « Dodd-Frank act », exige la publication du ratio entre le salaire du PDG et le salaire médian annuel de l’entreprise. Cette mesure, qui n’est pas limitée au secteur financier, va créer passablement de problèmes pour certaines sociétés et il faut s’attendre à une activité intense de relations publiques pour faire face à la vague d’opinion collective négative.
A part le débat dans les médias et sur la place publique, certains craignent que les sociétés ne fassent du « outsourcing » des jobs les moins rémunérés pour améliorer leur ratio en augmentant le salaire médian. Cette tendance déboucherait sur la création d’une nuée de sociétés de services « bas de gamme ». Si tel devait être le cas, on vivrait vraiment une société à deux vitesses.

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