"Il faut dire aux femmes qu'il est possible de faire du sport en étant mère de famille"
Sport | 09:25 Pas évident de mélanger exploits sportifs et vie de famille. Magali Di Marco Messmer, championne Suisse de triathlon, raconte son experience.
cd | 17-06-2008 | 09:25
Tout est parti d'un simple constat, implacable: A force de s'entraîner régulièrement Magali Di Marco-Messmer, Championne Suisse de triathlon et médaillée de bronze aux JO de Sydney en 2000, s'est rendu compte que les hommes sont nettement plus nombreux que les femmes dans le milieu du sport. Pire: plus le niveau est élevé et moins les femmes sont représentées. A partir de là, comment ne pas se sentir comme un cas particulier. C'est justement ce qui l'a motivée à donner une conférence ce soir sur ce thème qu'elle connaît si bien: les femmes et le sport.
"Il faut dire aux femmes qu'il est possible de faire du sport, même à haut niveau, tout en étant mère de famille. Et que cela n'a pas d'incidences sur leur santé", se justifie-t-elle. Les atouts indispensables selon elle pour réussir à conjuguer sport et vie de famille? "Un caractère bien trempé associé à la décision ferme d'envoyer balader le poids des traditions et les idées reçues."
Des principes de vie qu'elle a conservés durant sa grossesse, lorsque beaucoup lui disaient que futur bébé et entraînement ne font pas bon ménage. "Il y a des croyances tenaces. J'ai nagé régulièrement jusqu'au jour de l'accouchement, j’ai fait du vélo jusqu'à 5 mois et demie de grossesse et tout s'est très bien passé. Etre enceinte n'est pas une maladie!"
Une femme comme les autres
Elle qui a fait le pari de reprendre la compétition au plus haut niveau après avoir eu son premier enfant, ce que tout le monde tenait pour impossible, admet avoir ressenti à plusieurs reprises un sentiment d'inégalité. "Outre le fait que le triathlon n'est pas un sport très reconnu, il faut être combative et ne pas avoir peur d'évoluer dans un milieu d'hommes. Tous mes collègues masculins pratiquant un sport à haut niveau ont une femme à la maison qui s'occupe des enfants. Ce n'est pas mon cas. Mon mari travaille, et je suis dans la même situation qu'une mère de famille salariée à 100% qui doit en plus s'occuper des enfants en rentrant. Tout est une question d'organisation et de volonté."
Jour après jour, elle constate qu'hommes et femmes ne sont pas égaux face aux pratiques sportives. "Il faut croire que l'on n'apprend pas aux petites filles à aimer le sport. Les femmes me semblent plus "fainéantes". Pour elles, faire du sport consiste à aller à un cours de fitness deux heures par semaine et en ressortir en racontant à quel point c'était dur…" Les hommes, eux, lui lancent des regards envieux, admettant volontiers qu'ils rêveraient eux aussi de vivre de leur passion…
*"Les femmes et le
sport"
Mardi 17 juin 2008 de 18h30 à
20h,
à
la Clinique Bois-Cerf,
salle de conférence, 2e
étage.
Reagissez à cet article!



