Pour que les indécises se choisissent un futur d'ingénieure
| 17:14 Catherine Hildbrand a fait ses études d'ingénieure avant la création du programme égalité de la HEIG-VD. A l'occasion de la mise en ligne de www.ingenieuse.ch, elle explique l'importance de la promotion des carrières scientifiques auprès des jeunes filles.
| 30-05-2007 | 17:14
Elle est ingénieure et travaille au
laboratoire d'énergétique solaire et de physique du bâtiment
de la
HEIG-VD
à Yverdon. Son projet actuel: un climatiseur solaire à adsorption. Diplômée en 1999, Catherine Hildbrand est de celles qui ont fait leurs études avant la mise en place du programme égalité de l'école. A l'occasion de la mise en ligne par la
HES-SO
de
www.ingenieuse.ch
, site internet couplé à un webmagazine, cette maman de deux enfants explique l'importance de la promotion des carrières scientifiques auprès des jeunes filles. Ce nouveau site s'ajoute aux autres projets égalité lancés par les écoles d'ingénieurs, notamment des stages et une année préparatoire pour les futures étudiantes, dont Les Quotidiennes ont parlé récemment (
lire article
).
- Combien y avait-il de femmes en Génie thermique lorsque vous avez débuté vos études en 1996?
- J'étais la seule de la section. Mais dans le département, soit la mécanique, il y avait une autre fille. D'ailleurs je pense qu'au total, il ne devait pas y avoir davantage que trois filles dans l'école.
- La perspective de vous retrouver dans un univers très masculin ne vous a pas quelque peu rebutée?
- Je savais qu'il n'y aurait pas ou peu de filles mais cela ne m'a pas freinée, ça m'était égal. Personne n'a tenté de me décourager, même si je me rappelle que mes copines au gymnase étaient étonnées par mon choix. Mes parents, eux, étaient fiers de moi. Mais avec le recul, je me dis que ça aurait sans doute été plus sympa s'il y avait eu davantage de présences féminines.
- Qu'est-ce qui vous a poussée à devenir ingénieure?
- Depuis toute petite, je voulais être mécanicienne. Puis au travers de stages, je me suis intéressée au domaine du chauffage. A la fin de mon apprentissage de dessinatrice en chauffage, j'ai eu envie de faire des études pour approfondir mes connaissances dans ce domaine. L'aspect l'énergie renouvelable me plaisait beaucoup.
- Quel est votre regard sur le programme égalité?
- Il y a à mon avis deux sortes d'étudiants. Ceux qui savent exactement ce qu'ils veulent faire, ce qui était mon cas, et d'autres qui ne savent pas vraiment. Ceux-ci risquent d'être influencés par des préjugés sur les métiers, comme celui qui voudrait que les carrières scientifiques soient réservées aux hommes. A ces jeunes filles qui hésitent, il est important de montrer que le métier d'ingénieure est aussi pour elles.
- Jusqu'où aller pour encourager les filles?
- Il ne faudrait surtout pas que le programme égalité fasse croire que l'on ne s'occupe que des filles. J'entends par exemple des garçons dire que l'année préparatoire réservée aux filles leur donne des avantages qu'eux ne peuvent pas avoir: les filles entrent ainsi en contact avec l'école et les professeurs avant de commencer la formation. Donc je pense que ces mesures sont dans l'ensemble très bonnes, mais j'estime qu'elles sont destinées à être stoppées lorsqu'un certain nombre de filles aura intégré les écoles d'ingénieur.
- Quelles qualités faut-il avoir pour devenir ingénieure?
- Il faut aimer la technique. Être intéressée par la concrétisation des idées et pourquoi pas des idéaux humanitaires. Je dis souvent qu'il n'est pas nécessaire d'être infirmière pour aider les gens. Des modèles de réfrigérateurs thermiques à adsoprtion - mon travail de diplôme - ont par exemple été fabriqués en Afrique par une ONG.
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