En cas de risque de déflation la BCE devrait agir comme la Fed

Lorenzo Bini Smaghi, un responsable de la Banque centrale européenne (BCE) sur le départ a estimé qu'elle devrait recourir à de l'assouplissement quantitatif si la déflation menaçait la zone euro, selon un entretien paru dans le "Financial Times".

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"Je ne comprends pas les discussions quasi religieuses à propos de l'assouplissement quantitatif", a ironisé l'Italien qui cèdera sa place au directoire de la BCE le 1er janvier 2012 au Français Benoît Coeuré.

La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque d'Angleterre ont déjà fait appel à cet instrument, mais la BCE a toujours officiellement refusé de l'envisager au nom de sa mission de maintien de la stabilité des prix.

Pour l'instant la BCE ne voit pas de risque de déflation pour la zone euro "mais si les conditions changeaient... Je ne vois pas pourquoi un instrument taillé pour les caractéristiques spécifiques de la zone euro ne devrait pas être utilisé", a souligné M. Bini Smaghi, pour qui la BCE a un "devoir d'action" pour assurer la transmission de sa politique monétaire.

L'assouplissement quantitatif consiste pour une banque centrale à acquérir des titres de dette d'entreprises ou d'Etats, pour les aider à se refinancer et apporter ainsi une bouffée d'oxygène à l'économie. Depuis plusieurs mois, Mario Draghi est sous pression pour résoudre la crise de la zone euro en rachetant massivement des titres de dette souveraine, ce à quoi il se refuse au nom de l'indépendance de l'institution et du respect de "l'esprit" des traités européens.

A la place, la BCE a ramené en décembre son principal taux directeur à 1%, qui a ainsi retrouvé son plus bas niveau historique. Et elle a lancé le 21 décembre 2011 sa première opération de prêts aux banques sur 3 ans. Elle a attiré une demande record de 489 milliards d'euros, mais qui n'a pas définitivement apaisé les marchés.

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