Filles et femmes chinoises réjouissez-vous: Les hommes vont bientôt être à vos pieds!

Reinhart480_22_1.jpg

© DR

Premier regard dans les rues chinoises: peu d’enfants, des familles composées de deux couples de grands-parents et deux parents tournent autour d’un enfant, porté, bichonné, centre de toutes les préoccupations. La politique de lutte contre l’explosion démographique a visiblement porté ses fruits. Au-delà de ce premier regard, une autre réalité qui ne saute pas aux yeux: en moyenne nationale 117 naissances de garçons pour 100 filles et dans certaines régions agricoles, 140 garçons pour 100 filles.

 

Ce déséquilibre provient de l’essor de l’avortement sélectif des filles. Il est aggravé par la surmortalité des filles après la naissance, due à une moindre attention à leur alimentation et à leur santé. Une tendance qui augmente, car les femmes continuent d’occuper une position marginale, les fils sont préférés car c’est à eux qu’incombent la perpétuation de la lignée, la prise en charge et le soutien économique des parents dans leur vieillesse. La politique de limitation des naissances impose depuis trente ans une autorisation avant chaque naissance et inflige des sanctions financières lourdes aux contrevenants. Les filles sont du coup devenues indésirables parce qu’elles privent leurs parents de la possibilité d’avoir un fils! Un avortement de plus ou de moins, quelle différence! La Chine bascule de la menace de croissance démesurée à celle du vieillissement. Actuellement, la population âgée subsiste grâce à la famille, mais la solidarité familiale s’étiole en raison de l’augmentation du coût de la vie et de l’évolution sociodémographique. Deux enfants uniques une fois mariés doivent entretenir leurs quatre parents et parfois plusieurs grands-parents encore en vie.

 

Un phénomène qui posera un réel problème de prise en charge de la population âgée si la tendance de masculinisation de la population s’accroît. Les autorités chinoises ont lancé en 2001 une campagne intitulée «Davantage de considération pour les filles » avec pour objectif de faire retomber le rapport de masculinité à la naissance, mais ces campagnes sont restées sans effet jusqu’ici, le taux continuant à croître. Encore un peu de patience, filles chinoises, quand un homme sur deux ne trouvera plus d’épouse, la considération viendra d’elle-même et les naissances de filles seront célébrées. Les chinois voudront des femmes pour leur fils, à moins que tout à coup ils réintroduisent la polyandrie ? "Les sociétés commencent par la polygamie et finissent par la polyandrie... L'homme baisse et la femme monte; c'est fatal!" (Goncourt, Ch. Demailly, 1860).

Publier un nouveau commentaire