«Au CERN rien n’est standard» | Les Quotidiennes

19/11/2008 16:07
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«Au CERN rien n’est standard»

CERN au féminin 3/9 | 13:12  Carine Pividori est ingénieure en sécurité au CERN. Fine et douce, elle n’est ni cerbère ni baraquée. Loin de devoir faire le «flic», elle conseille et assiste les départements afin que les employés travaillent en toute sécurité.




N’est-ce pas difficile de se faire respecter en tant que femme? «L’important est de discuter avec les gens, de s’intéresser à leur métier, de comprendre leurs besoins.» (Photo Steeve Iuncker Gomez)


Anne-Muriel Brouet | 30-07-2008 | 13:12

Le CERN est une ville en soi. Sur le site de Meyrin, on trouve – notamment – des restaurants, un bureau de poste, une agence de voyages, une succursale bancaire, un hôtel, un jardin d’enfants, un magasin, un service médical, une plate-forme pour hélicoptères, une caserne des pompiers.

 

8000 salariés
Un minimum pour satisfaire les besoins de quelque 8000 personnes, salariées du CERN pour un quart et externes, temporaires ou permanentes. Autre particularité du CERN: s’y côtoient les métiers les plus hétéroclites. Beaucoup de physiciens bien sûr, une poignée de théoriciens, mais aussi des techniciens en tous genres, des soudeurs, des géomètres, un souffleur de verre… Des entreprises externes visitent le site au quotidien, pour livrer du papier copie ou construire des cathédrales de béton pouvant accueillir les microscopes géants qui devraient permettre de percer les secrets les plus intimes de l’univers

 

Gage de succès de ce ballet: la sécurité. Carine Pividori est ingénieure en sécurité. Fine et douce, elle n’est ni cerbère ni baraquée. Loin de devoir faire le «flic», elle conseille et assiste les départements afin que les employés travaillent en toute sécurité.

 

 

Mère de deux enfants qui l’accompagnent en photos, quatre jours par semaine, sur l’armoire de son bureau, Carine Pividori est une des deux femmes du groupe de sécurité générale. «Ma collègue est en congé maternité.» Il lui reste huit compagnons masculins.

 

 

Evoluer avec les législations suisses et françaises
«Notre travail consiste à évoluer avec la législation.» Européenne, suisse et française, puisque le site de Meyrin se trouve sur la frontière, non indiquée. Ainsi, le bâtiment où la spécialiste travaille, qui abrite aussi le service médical, est en Suisse. Son voisin, au nord, est en France. Tout comme la caserne des pompiers, trois blocs plus loin. Imaginez le casse-tête pour les entreprises externes qui viennent sur le site! Côté français, on travaille 35 heures, en Suisse, cela peut aller jusqu’à 50 heures!

«Heureusement, en matière de sécurité, les normes sont très semblables. Il s’agit plutôt d’harmoniser et d’intégrer les nouvelles directives.» Ainsi, l’UE s’est penchée sur le travail en hauteur, le danger principal étant la chute. Un domaine qui concerne au premier chef les chantiers du tunnel, enfoui à 100 mètres sous le plancher des vaches. «Nous avons mis en place une formation pour des formateurs. Leurs compétences ont ensuite été validées en interne.»

 

N’est-ce pas difficile de se faire respecter en tant que femme? «L’important est de discuter avec les gens, de s’intéresser à leur métier, de comprendre leurs besoins.»

 

Maintenant que les grands chantiers sont terminés –du moins pour l’instant–, la sécurité se concentre sur des événements qui paraissent plus futiles mais tout aussi essentiels: l’inauguration officielle du LHC, prévue le 21 octobre. Mandat: recevoir une brochette de chefs d’Etat et autres VIP, un paquet de journalistes et assurer une belle fête aux Cernois. «Rien n’est standard au CERN.» Même en matière de sécurité.

 


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