Le Valais politique est-il macho et conservateur? | Les Quotidiennes

08/01/2009 15:47
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Le Valais politique est-il macho et conservateur?

STRATÉGIE | 09:02  Le PDC du Vieux-Pays a choisi un ticket très consensuel pour les élections au Conseil d’Etat en 2009. Excluant son propre président national et une candidature féminine.




Le village de Grimentz, en Valais. (Photo: LQ)


CLAUDE ANSERMOZ | 10-06-2008 | 09:02

Vendredi, à Conthey, le PDC du Valais romand (PDCVr) a tranché. Pour la course au gouvernement cantonal, il n’a d’abord pas voulu de son politicien le plus populaire, Christophe Darbellay, pourtant arrivé largement en tête lors des Fédérales 2007. Pas plus que de Marie-Françoise Perruchoud-Massy, qui aurait été la première femme à siéger au Conseil d’Etat valaisan, par ailleurs dernier exécutif cantonal de Suisse à n’avoir eu que des hommes en son sein. Alors, toujours aussi macho et conservateur, le Vieux-Pays? Voire «médiéval», comme le qualifiait récemment la radicale Cilette Cretton, candidate malheureuse en 2001?

 

«Le Valais change, plus vite que ses élites politiques», tente de rassurer Christophe Darbellay. «On en a marre de cette image que les médias «étrangers» donnent de nous, s’énerve un membre du PDCVr. Si nous ne respections pas certaines règles, nous serions comme dans le canton de Vaud, avec tous les ministres dans un rayon de 50 kilomètres de la capitale. Il en va du respect des minorités. » Les règles? Celles du PDCVr qui a choisi une liste fermée à 2 candidats. Celles du canton ensuite, le 1-1-1 qui veut qu’il y ait au moins un conseiller d’Etat par région (bas, centre, haut). Et qu’ils ne proviennent pas du même district. C’est ce dernier point qui avait empêché en 1977 la socialiste Gabrielle Nanchen de siéger alors qu’elle avait été élue.

 

Ce faisant, plaide Catherine Donnet, vice-présidente des femmes PDC Suisse, «on néglige les 25 000 sympathisants PDC valaisans qui ont porté notre président suisse au Conseil national». Pour la Montheysanne, «le Valais est aussi prêt à élire une femme. Un récent sondage de L’Hebdo montrait que 75% des personnes interrogées souhaitaient qu’une femme accède au gouvernement. On fait l’élection à l’avance et c’est insupportable. Pour le PDC, le risque est grand de perdre progressivement le contact avec sa base.» Les moins négatifs relèvent que la part des femmes au Grand Conseil a augmenté de 60% entre 2001 et 2005 et qu’elles représentent désormais un cinquième du parlement (contre 26% dans le canton de Vaud).

 

Réserve
Le Valais, relèvent certains, a sociologiquement changé. Près de 70% de ses habitants vivent désormais en plaine et un quart des Valaisans hors du canton. Pour la radicale Lise Delaloye, «C’est vrai que des clichés anachroniques ressortent souvent sur notre canton. Le Valais a évolué. Il n’est ni le paradis que décrivent certains autochtones, ni la réserve d’Indiens souvent dépeinte depuis l’extérieur. Mais c’est vrai que le vote démocrate-chrétien de vendredi affirme le côté conservateur. Avec deux candidats aux profils et valeurs très proches, la représentation de la diversité plurielle des Valaisans n’est pas exprimée.» Une autre élue locale de droite va plus loin: «Il y a un décalage énorme entre la population et les appareils des partis. Ce système sclérosé a une génération de retard par rapport à l’évolution de la société. Dans ces conditions, les Valaisans ouverts n’ont aucune envie de s’y impliquer.» Pour la Saviésanne PDC Anne Jacquier, «il est normal que le PDC soit profilé différemment de l’entier de la population valaisanne, tous partis confondus.»

 


Système de clans

«Ceux qui veulent le pouvoir ne peuvent être que des serviteurs de ce système de clans», estime pour sa part le conseiller national Stéphane Rossini. «Il serait impossible pour moi de me faire élire dans ma propre commune de Nendaz. Alors que j’ai réalisé un score historique pour un socialiste au niveau cantonal lors des dernières fédérales. » Même constat chez Oskar Freysinger. «Il y a une prise d’otage du parti dominateur,le PDC, qui a peur, si ces équilibres ancestraux sont brisés, de perdre le pouvoir», estime l’élu UDC. L’homme au catogan ne sera pas candidat au Conseil d’Etat. «Le jeu est aujourd’hui fermé. Mais dans cinq ou dix ans, il y aura un vrai pluralisme en Valais. »


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