Eveline Widmer-Schlumpf, la victoire pour quoi faire ?
VOTATIONS | 09:07 Dimanche 1er juin, l'initiative UDC pour des naturatlisation démocratiques a été rejetée par le peuple suisse à 63,8%, l'article sur la santé et l'initiative "muselière" balayés. Le même jour, l'UDC exclut la section grisonne d'Eveline Widmer-Schlumpf. Que va faire la ministre?
Valentine Zubler | 02-06-2008 | 09:07
Eveline Widmer-Schlumpf a vécu une journée pour le moins particulière. En porte-à-faux avec son parti sur les naturalisations par le peuple, la ministre de Justice et police a finalement remporté haut la main sa première votation.
Un résultat d’autant plus significatif que la Grisonne défendait non seulement l’avis du Conseil fédéral, mais également sa propre opinion. Et, faut-il le rappeler, qu’elle a mené quasi-seule le combat jusqu’à ces dernières semaines, où les opposants à l’initiative de l’UDC ont finalement enclenché le turbo.
«Je suis moi-même surprise de la clarté du résultat», nous a confié la Grisonne, qui refuse au passage d’y voir une affaire de personne.
Mais que faire de cette victoire, enregistrée le jour même où le comité central de l’UDC Suisse approuve l’exclusion de la section grisonne du parti? Eveline Widmer-Schlumpf sort-elle renforcée ou fragilisée par ce dimanche?
Pour le politologue bernois Georg Lutz, c’est là où le bât blesse. Certes, la ministre marque un point momentanément. «Mais la situation générale, pour elle, va continuer d’être difficile», relève-t-il.
Car de fait – même si la décision du comité central de l’UDC doit encore être avalisée par l’assemblée des délégués dans un mois – Eveline Widmer-Schlumpf n’aura officiellement, dès le 5 juillet, plus de parti national derrière elle.
Trouver une majorité
En clair, pour le politologue Andreas Ladner, le résultat des votations ne résout en rien l’une des principales questions qui se posent à la ministre: à savoir, comment trouver une majorité d’ici à trois ans, en vue de sa réélection au gouvernement en 2011.
Toutefois, dans l’immédiat, le professeur à l’Institut des hautes études en administration publique perçoit tout de même, pour la conseillère fédérale, quelques bénéfices à tirer de ce 1er juin. «Cette victoire lui permet de se sentir moins seule. Tout en apportant de l’appui à l’aile modérée de l’UDC», estime-t-il. Et puis, conclut le secrétaire romand des radicaux Damien Cottier, «ses arguments ont fait la différence auprès de l’électorat PDC et radical-libéral, ce qui la renforce. »
Impassible
Jour noir ou jour de fête, de son côté, Eveline Widmer-Schlumpf reste impassible: «Ce jour est un jour comme d’autres dans la vie politique: il amène quelque chose de positif et quelque chose de négatif. L’exclusion (ndlr: de la section grisonne) n’était pas inattendue. Mais cette façon d’exclure une section cantonale entière, qui n’a pas commis de faute autre que celle de m’avoir comme membre, c’est quelque chose qui me frappe en tant que démocrate. »
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