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Ada Marra: «Pourquoi choisir entre Mère Teresa et Rosa Luxembourg?»

INTERVIEW | 07:40  Son initiative en faveur d’une naturalisation facilitée pour la troisième génération devrait normalement passer devant le peuple. A côté de son mandat au Conseil national, Ada Marra milite bénévolement à l’Association «Lire et écrire» et à Caritas. Depuis deux ans, elle mène un autre combat, celui contre la sclérose en plaques.



Ada Marra, la ferveur
Ada Marra, la ferveur


MARIE-CLAUDE MARTIN | 20-12-2009 | 07:40

En deux seulement au Conseil National, vous êtes devenue une figure incontournable du paysage politique romand.  A quoi l’attribuez-vous ?
Au fait d’être femme et jeune dans un monde politique fait de vieux Messieurs  tout gris….

 

 

Peut-être, mais vous avez été aussi nommée parmi les trois meilleurs conseillers nationaux vaudois. On vous reconnaît donc un vrai talent politique même si les adjectifs pour vous qualifier  restent typés: pimpante, fringante, rafraîchissante etc. Cela ne vous agace-t-il pas?
Au début, énormément! A rafraîchissante, j’aurais préféré compétente.  Après j’ai compris qu’on voulait surtout définir un ton, un style, une manière de ne pas pratiquer la langue de bois.

 

 

Ce qui fait de vous un personnage recherché des médias. Quel est votre moteur ?
L’envie de réparer les injustices, de défendre ceux qui vivent dans la précarité, de m’engager pour que chacun ait la liberté et la possibilité de vivre ce qu’il a choisi de vivre. Quand les médias me sollicitent, j’accepte. Pas pour devenir une people mais pour faire passer mes idées ou rappeler des faits qui me révoltent.

 

Lesquels en ce moment ?

Savez-vous qu’un travailleur sur 22 est un working poor en Suisse (4000 francs pour une famille avec deux enfants; 2000 pour une personne seule)? Bien sûr, ensuite, il y a l’aide sociale mais j’estime que lorsqu’on travaille, on devrait pouvoir subvenir à ses besoins. C’est une question de dignité.

 

Pareil avec l’illettrisme. Comment peut-il y avoir 800.000 prsonnes touchées par ce problème, dont la moitié de Suisses, alors que le droit à l’éducation est inscrit dans la Constitution? Quand on parle d’intégration, on pense population étrangère. Mais l’intégration commence par le droit au travail, au savoir, à la santé et au logement pour toutes et tous.

 

Ce sont des questions urgentes, bien plus que de savoir s’il faut interdire ou pas les minarets.


A ce propos, et aujourd’hui que le choc est passé, quelle leçon tirez-vous de ce résultat ?
D’abord qu’en Suisse, nous ne savons pas débattre des valeurs, ce qui encourage les raisonnements simplistes.

 

Ensuite, je suis affligée par le discours de l’UDC qui veut faire croire que cette votation a marqué un point de rupture entre le peuple et ses élu-e-s, comme s’il s’agissait de deux entités différentes.

 

Aujourd’hui, on a l’impression qu’Oskar Freysinger est le seul représentant du peuple. Qu’a-t-il fait pour lui? A-t-il amélioré la qualité de vie des gens?

 

Mais la grande question de cet après élections, est celle de la laïcité. Quels doivent être les rapports entre Eglise et l’Etat. Pour ma part, je suis pour une séparation totale: les problèmes viennent toujours du mélange des deux.

 

Et pourtant vous êtes catholique pratiquante ?
Oui, ce qui ne m’a pas empêchée quand j’étais au Grand Conseil vaudois de me prononcer contre une Eglise subventionnée. Non pas pour l’appauvrir mais pour la secouer. Je pense qu’elle doit être militante et chercher les fonds auprès de ses fidèles.

 

Entre Rosa Luxembourg et Mère Teresa, de quel côté penchez-vous?
Pourquoi choisir? Mettre les gens dans des cases, c’est les priver de liberté.

 

Vincent de Paul ou Mère Teresa n’avaient pas de programme politique mais se sont battus contre la précarité. La notion de solidarité et de fraternité est commune au socialisme comme au christianisme. Je suis chez moi dans les églises, j’ai la foi et même une tendance mystique, mais je suis aussi marxiste d'analyse.

 

Et comment la féministe que vous êtes s’accommode-t-elle de questions délicates comme l’avortement ?
La Constitution est là pour garantir la liberté des gens. C’est ainsi que j’ai résolu ce dilemme.

 

 

La laïcité est donc l’outil le plus subtil pour éviter les conflits ?
Oui, mais en même est-ce laïc d’empêcher une jeune fille de porter le voile à l’école? N’est-ce pas d’ordre privé? Un élément culturel?

 

Je me souviens de mes amis italiens à l’adolescence qui avaient une Fiat, s’habillaient Benetton et écoutait Toto Cutugno. C’était une marque identitaire.  Je pose la question, mais je n’ai pas de réponse définitive sur le voile.

 

Vous dites souvent : «je ne sais pas…. »
C’est peut-être une erreur. Si les électeurs m’élisent c’est pour que je sache, mais parfois je doute. Je  demande à réfléchir, à me mettre sur le mode «pause ». Pourquoi avoir tout de suite réponse à tout?

 

Vous êtes attirée par la vie moniale et pourtant vous êtes une guerrière dans vos joutes oratoires.
J’adore débattre. Mon maître en la matière Pierre-Yves Maillard disait: quand tu débats, tu dois «killer» ton adversaire! Ça brise mon image de sainte, non?

 

En tout cas, vous êtes un personnage clivant. On vous adore ou on vous déteste.
Qu’est-ce qui dans mon caractère leur heurte? Quelle précaution n’ai-je pas prise? Je me pose souvent la question de cette agressivité. Peut-être est-ce dû au fait de mes origines et de mon combat pour l’intégration.

 

Récemment un vigneron vaudois m’écrivait, poliment: «Vous n’avez pas l’esprit vaudois, Madame». Mais qui suis-je alors que je suis née à Paudex, que j’ai fait toutes mes études ici?  Je suis le produit de la réalité suisse.

 

Etes-vous ambitieuse?
Pas du tout. Ni professionnellement ni politiquement, pas même dans ma vie privée.  Avoir de l’ambition, c’est se projeter, et se projeter c’est attendre. Pendant ce temps, on rate des rendez-vous importants.

 

Je vis l’instant présent. Je n’aime du pouvoir que le verbe, pas le substantif: faire bouger les choses mais pas me figer dans une posture.

 

Ce désir de vivre l’instant présent est-il lié à votre maladie, la sclérose en plaque, que vous avez révélé ce printemps?
Certainement, mais je n'ai pas évoqué ma maladie pour m'apitoyer. Si j’en ai parlé, c’était dans le cadre des 50 ans de la Société suisse contre la sclérose en plaques (http://www.sclerose-en-plaques.ch) et parce que je crois fondamentalement que chacun à sa place dans la société, et pas seulement les gens beaux, riches et intelligents.

 

Je dis que l’on peut être malade et aimer ce qu’on fait, gagner sa place et emmerder les bien-pensants. C’est un message d’espoir et de force. Si on fait de la politique pour rendre triste les gens, autant arrêter  tout de suite !


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bien pensance

Oui, cela reste terriblement consensuel au final. islam voyage lune de miel

j'ai la foi, mais je suis marxiste dans l'analyse

Je suis touché par les réponses de Madame Ada Marra. Je ne fais pas de politique mais ça me fait envie d'en faire lorsque j'entends de tels propos, par exemple "si on fait de la politique pour rendre triste les gens autant arrêter tout de suite". Madame a les idées claires et met en lumière les véritables soucis de notre société et non les futilités. On dirait que tout est facile lorsqu'elle parle et on a envie de la suivre. L'article décortique des processus complexes en très peu de place et de temps... j'apprécie. Cela fait envie de creuser. En résumé Madame la conseillère nationale donne envie de comprendre des phénomènes qui nous "pourrissent" la vie. Merci à la co-construction de cet article, ça fait du bien avant la nouvelle année !

Ada Marra

Plein d'incohérences, par exemple :

Vous êtes devenue une figure incontournable du paysage politique romand. A quoi l’attribuez-vous ?
Au fait d’être femme et jeune dans un monde politique fait de vieux Messieurs tout gris….

Mais, je crois fondamentalement que chacun à sa place dans la société, et pas seulement les gens beaux, riches et intelligents.

Autre exemple :

La notion de solidarité et de fraternité est commune au socialisme comme au christianisme. Je suis chez moi dans les églises

Mais, tu dois «killer» ton adversaire !

Tu n'es pas la première à dénoncer les questions urgentes !

Mais, quelles solutions apportes-tu ? Rien.
C'est aux autres d'agir, toi tu regarde et dénonce !
"autant arrêter tout de suite !"

Par exemple :
Pareil avec l’illettrisme. Tu n'empêcheras pas les pauvres d'esprits. Et pour les cancres, comment proposes-tu de les dresser. Peut-être en les plaçant dans un centre (Comprenez : camp forcé !).

Pour les églises : on gagnerait à les voir disparaître. On supprimerait les tensions et par là nombreuses guerres. Mais comment le faire ?

Merci Les Quotidiennes, Marci Ada Marra, j'ai pris plaisir à lire et à participer aux commentaires.

cette politicienne est

cette politicienne est au-dessus du mesquin classement entre ce qui est politiquement correct et ce qui ne l'est pas

Etonnant, quand un

Etonnant, quand un politicien ou une politicienne sont pour l'intégration et pour les droits des migrants il s'agit de politiquement correct; par contre manifester des pensées racistes signifie "emmerder les bien pensants". Drôle de vision. Sur ce plan vive "le politiquement correct"!

"emmerder les

"emmerder les bien-pensants": et pourtant tout ce que Mme Marra dit ici est uniquement de la bien-pensance, du politiquement correct! Quoi d'original?

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