Quatre nouveaux conseillers d’Etat seront assermentés aujourd’hui au canton de Neuchâtel : 3 hommes, 1 femme. Quelle place la presse locale octroiera-t-elle à Gisèle Ory dans cette nouvelle législature ?
De nombreuses études sociologiques démontrent que les femmes sont discriminées dans les medias et qu’elles ne figurent que rarement aux avant-postes. Gisèle Ory en a déjà souvent fait les frais: ses interventions musclées à Berne, alors qu’elle siégeait au Conseil des Etats ont souvent été ignorées, alors que tout à coup le sujet faisait la Une lorsqu’un de ses collègues masculins s’exprimait ouvertement sur le sujet sans jamais l’avoir traité en commission ni défendu aux chambres.
Ce matin, stupeur, le journal en ligne de la presse cantonale annonce les 4 nouveaux conseillers d’Etat, mais seuls les 3 hommes ont leur portrait en encarté, je cherche en vain celui de Gisèle Ory.
Je me dis, vérifions la version papier, ils n’ont tout de même pas pu ignorer Gisèle ?
o Page 1, en titre : Conseil d’Etat, du jamais vu depuis 156 ans, 4 nouveaux et devinez : qui vois-je sur la photo de ces 4 nouveaux ? 3 hommes, exit Gisèle Ory, elle n’est purement et simplement pas sur la photo !
o Suite en page 3 : ouf, le portrait de Gisèle Ory a trouvé place dans la version papier.
Examinons les accroches choisies par les journalistes, je vous rappelle que 95 % des lecteurs ne lisent que les titres.
o Pour les hommes : Philippe Gnaegi : raisonner en terme d’excellence (bien, puissant l’excellence), Claude Nicati : Préserver le noyau dur de la famille (positif un homme qui se repose sur sa famille) Frédéric Hainard : L’emploi, l’emploi et encore l’emploi (je rêve, le combat prioritaire de la gauche et le travail de fond de Bernard Soguel ces 8 dernières années reprise par un libéral, comme si on allait enfin s’occuper de l’emploi dans le Canton ?).
o Pour Gisèle Ory : Je fais ce travail avec plaisir (Super, cette femme aime ce qu’elle fait, elle le fera donc avec force, enthousiasme et persévérance…ou le message ne pourrait-il pas être retourné contre elle et interprété de manière malveillante ? Pas sérieux le plaisir en Suisse, un peu léger comme point d’attaque du travail du monstrueux dossier de la santé?)
Le travail sournois de discrimination aurait-il déjà commencé face à la nouvelle conseillère d’Etat?
Petite, me direz-vous, cette différence de visibilité ou de texte associé, interprétation tendancieuse de féministe ou signe du machisme de la presse locale ? Ou serait-ce une histoire de couleur politique? Histoire à suivre…




Publier un nouveau commentaire