Faut-il classer le Yorkshire Pudding?

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La cuisine constitue, à ce qu’il paraît, un lieu féminin. Du moins, celle de tous les jours. Celle qui donnait jadis des maux de tête aux ménagères. «Qu’est-ce que je vais cuire aujourd’hui pour mes hommes ? » Je ne prétends pas que cette brave dame devait rester debout à servir, pendant que les mâles bâfraient assis, mais il y a un peu de ça.

 

 

Notez qu’il existe une autre cuisine. La «grande», comme il peut exister une haute coiffure, un coton de qualité supérieure ou l’épicerie fine. Elle reste en principe l’apanage de messieurs ventripotents. Dame, si j’ose dire! L’estomac sert ici d’enseigne. Ce qui est bon dans le palais doit normalement s’incruster au dessus des hanches.

 

 

Où situer le Yorkshire Pudding? Je vous rappelle vite la recette, vous qui mangez peut-être le contenu d’une boîte de fer blanc passé au micro-onde. Cette entrée mélange farine, œufs, lait et jus de rôti. Le tout se sert «doré et bombé», à peine sorti du four. Il faut que ce plat reste suffisamment léger afin de laisser de la place pour les choses sérieuses. Ce ne sera pas forcément de la panse de brebis farcie, comme dans un vieux sketch de chansonnier français. Je vous rappelle à tout hasard que la panse en question est écossaise.

 

 

Pourquoi ai-je aujourd’hui mis le Yorkshire Pudding au menu? Parce que l’Union européenne, qui se transforme peu à peu en restaurant ethnique, pourrait prochainement protéger son appellation comme celle du champagne, du jambon de Parme ou de cette feta dont les Grecs avaient presque fait une tragédie. Notez qu’il s’agit d’une demande. Les producteurs locaux trouvent que ce plat se fabrique un peu trop loin de chez eux. Ciel! Que devraient alors dire les Campaniens faisant de la pizza napolitaine?

 

 

Ce que ces producteurs demandent, c’est la création d’une zone géographique précise. Là seulement existerait «un savoir-faire reconnu et constaté». Il restera certes possible d’appliquer la recette au-delà de cette réserve d’Indiens. Seulement voilà! Il ne faudra pas utiliser les mots (con)sacrés. Après tout, l’idée appartient aux gens du cru, ou plutôt du cuit. Ils auraient élaborés la recette au XVIIIe siècle. Notez que c’est déjà loin! Les mets traditionnels sont plus récents qu’on ne l’imagine généralement. Comme les costumes folkloriques d’ailleurs. Le XVIIIe siècle a ainsi vu la naissance de la bouchée à la reine (en hommage à l’épouse de Louis XV) ou du macaron (inventé par les sœurs Macaron de Nancy).

 

 

Reste qu’on vit en plein paradoxe. D’un côté, on européanise à tout va, avec des normes contraignantes et souvent stupides. De l’autre, on régionalise à mort. C’est ce qui s’appelle le grand écart. Mais peut-être n’aurais-je pas dû employer cette dernière image. Les danseurs russes et les thuriféraires du french cancan vont maintenant s’en disputer l’exclusivité.

 

 

P.S. Pour en rester à l’Angleterre, le portrait d’Elizabeth Ière, conservé à la National Portrait Gallery de Londres, vient de changer d’apparence. Morte en 1603, la reine ne tenait pas à la main un bouquet de fleurs, mais un serpent. Normal! Une souveraine, en ce temps là, n’inaugurait pas des pouponnières. Il s’agissait d’une femme avisée. Le serpent symbolisait donc la Prudence.

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…