Et que vogue la gondole!

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Il existe ce qu’on appelle des «bastions masculins». La direction des grandes banques, les Chicago Bulls, les clubs anglais, les camions d’éboueurs ou le championnat du monde des poids lourds ont ainsi peu contribué à l’épanouissement du sexe qu’ont dit «beau», avec tout ce que cela suppose de commisération affectueuse.

 

Il arrive aujourd’hui souvent que ces bastions tombent, comme toute citadelle qui se respecte. Ce fut en Suisse le cas du Conseil fédéral, des Landsgemeinde ou plus prosaïquement des poseuses de contraventions. En Allemagne, même la Philharmonie de Berlin a dû finir par céder, après des péripéties qui tiennent davantage de la fanfare de village que de la grande musique. Faute de présidente (Madame Royal n’est jamais devenue dans le cirque politique Madame Loyal), la France a tout de même eu une première ministre. Et tant pris si Madame Cresson s’est vite retrouvée dans les choux.

 

Et l’Italie? Eh bien un fantastique pas vient d’être accompli. Depuis vendredi dernier, Venise connaît sa première gondolière. «Giorgia Boscolo a mis fin à un monopole masculin de neuf siècles.» Pour y arriver, la dame aura dû ramer. Il lui a fallu passer un examen. Il y avait 22 places disponibles. Elle a obtenu la vingt-deuxième. Notez qu’elle n’était pas la seule candidate. Les deux autres se sont vues recalées. Comme on disait en Suisse pendant la guerre pour les réfugiés, «la barque est pleine.»

 

Giorgia pouvait il est vrai se targuer d’un avantage. Cette fille de 23 ans a un père dans le métier. «J’ai toujours été amoureuse des gondoles, à la différence de mes trois sœurs et je préférais voguer avec mon père plutôt que de sortir avec des amis», a déclaré l’intéressée, dont les médias transalpins ont vite fait une mini-star. Le père se prénomme Dante. Vous voyez que nous restons dans les traditions.

 

Mais ne faut-il pas beaucoup de force physique pour faire passer à travers les canaux la mince embarcation noire? Moins qu’on ne le croit. «Avec l’expérience, on fait moins d’efforts et ma fille possède beaucoup d’expérience», a fièrement déclaré Dante.

 

Giorgia mettra donc ses talents au service des touristes. Elle arrive à un moment où la profession se trouve un peu en crise. Il n’existe depuis longtemps plus de gondoles privées. La «dogaressa» Peggy Guggenheim (celle du musée) fut sauf erreur la dernière à entretenir la siennes dans les années 1960. Les rameurs sont depuis condamnés à traquer le touriste. Certains ont tant abusé sur les tarifs que la traque devient difficile.

 

Mais, à Venise, le «vaporetto» public lui-même ne devient-il pas ruineux?

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…