Une Genevoise commence à faire le ménage à la tête d'UBS | Les Quotidiennes

19/11/2008 16:02
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Une Genevoise commence à faire le ménage à la tête d'UBS

BANQUES | 10:48  D'ici la fin de l'année, l'avocate Gabrielle Kaufmann-Kohler recommandera les noms des personnes à écarter du conseil d'administration de la première banque helvétique et ceux de leurs successeurs. Rencontre.




L'avocate genevoise Gabrielle Kaufmann-Kohler assume une mission cruciale pour UBS: désigner des noms à écarter du conseil d'administration et leurs successeurs.


Philippe Rodrik | 08-05-2008 | 10:48

Gabrielle Kaufmann-Kohler. Une quinquagénaire tout en classe, en compétences et en convictions. A ce bouquet de qualités, l’avocate genevoise ne manque pas d’ajouter du cran. Et il en faut! Depuis le 23 avril, l’avocate genevoise assume en effet une mission cruciale pour UBS: recommander les noms des personnes à écarter du conseil d’administration de la première banque helvétique et ceux de leurs successeurs.

 

Qui doit donc s’en aller? Quels nouveaux administrateurs viendront renforcer les compétences bancaires et financières trop rares dans ce collège de douze membres? «Nous livrerons des informations en fonction de nos progrès», assure Gabrielle Kaufmann-Kohler. Elue le 19 avril 2006 par les actionnaires, la première et unique femme siégeant au sein du conseil d’administration d’UBS préside son comité de nomination depuis le 23 avril dernier.

 

Et Gabrielle Kaufmann-Kohler doit fournir des résultats promptement. Lors de la dernière assemblée générale, le nouveau patron d’UBS, Peter Kurer, a promis aux actionnaires que des candidats à la démission et d’autres à l’investiture seraient désignés «dans les prochains mois». Autrement dit, d’ici à la fin de l’année.

 

Attaques personnelles

Est-ce possible de respecter de tels délais? «Il s’agit d’une responsabilité importante. Nous ne sous-estimons pas la dimension de la tâche», reconnaît la juriste. Prudence de sioux et langue de bois. A l’heure actuelle, Gabrielle Kaufmann-Kohler ne saurait sortir de ces deux registres. D’autant plus que Peter Kurer vient de placer d’autres sujets fort délicats sous la compétence du comité qu’elle préside.

 

Après sept ans de concentration des pouvoirs entre les mains d’un certain Marcel Ospel, le comité de nomination doit traiter les questions de bonne gouvernance, définir les mesures permettant d’atteindre les meilleures pratiques en la matière. «Nous allons donc superviser la transformation des compétences au sein du conseil, assigner des responsabilités afin d’éviter les lacunes et les doublons. Dans le contrôle des risques bien sûr, mais aussi dans tous les autres domaines», prévient l’avocate genevoise.

 

Gabrielle Kaufmann-Kohler s’impose donc d’énormes défis. D’autant plus qu’elle n’échappe pas aux attaques personnelles dans la presse. Des titres lui reprochent «des choix peu pertinents» pendant sa première année au sein du comité de nomination. D’autres l’avertissent déjà qu’«elle pourrait se trouver sur un siège éjectable».

 

«Aucun regret»

Il est vrai que le profil de la Genevoise correspond de près à celui de l’administrateur à remercier: aucune expérience dans le risque financier, pas davantage dans la banque et aucun mandat dans le conseil d’administration d’une banque avant d’être entrée dans celui d’UBS, en 2006. Gabrielle Kaufmann-Kohler reste néanmoins solide: «J’ai bien réfléchi avant d’accepter cette fonction. Je n’ai pas manqué d’évaluer soigneusement mes propres compétences. Depuis mon élection, les choses ne se sont certes pas passées comme je le prévoyais. Mais je n’éprouve aucun regret.»

 

Cette fermeté ne sera pas superflue. Afin de restaurer le crédit du conseil d’administration d’UBS, il est urgent d’indiquer les noms des démissionnaires et de leurs successeurs. Après des pertes et dépréciations d’actifs abyssales, la confiance des investisseurs en dépend.

 

Star suisse de la voile en renfort


Une équipe tellement genevoise! Le comité de nomination du conseil d’administration d’UBS compte trois membres genevois sur quatre: sa présidente, Gabrielle Kaufmann-Kohler (voir ci-dessus), le navigateur Ernesto Bertarelli et Sergio Marchionne, président du directoire du groupe Fiat et du conseil d’administration de la Société générale de surveillance, leader mondial de la certification domicilié à Genève.
Le moins connu des trois, Gabrielle Kaufmann-Kohler, dirige une étude d’avocats proche du Grand Théâtre.



La première et unique femme siégeant au sein du conseil d’administration d’UBS assume en outre la fonction de professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Genève, depuis onze ans.



L’enseignante s’avère une spécialiste réputée de l’arbitrage (mode privé de règlement des différends du commerce international). Souvent classée parmi les dix meilleurs du monde dans cette discipline. Gabrielle Kaufmann-Kohler est coauteur d’un ouvrage de référence: Arbitrage international, publié aux éditions Schulthess l’an dernier.
P. RK


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