Une femme à la tête de Fondation2, dernier né du Montreux Jazz Festival
FESTIVAL | 06:00 Fidèle de Claude Nobs, Stéphanie-Aloysia Moretti prend la tête d'une nouvelle structure. Encourager la création et l'émergence de nouveaux talents, telle est la mission de Fondation2, le dernier né du Montreux Jazz festival (du 4 au 19 juillet).
Marie-Claude Martin | 30-06-2008 | 06:00
Du Montreux Jazz Festival, on connaît la programmation. Les plus grandes têtes d’affiche y ont passé, de Miles Davis à Sade, d’Ella Fitzgerald à Ray Charles. C’est la partie solaire de ce Festival créé en 1967, un des plus célèbres du monde. Il existe pourtant un autre Montreux, plus expérimental, pédagogique et aventureux. C’est celui des talents émergents, des concours (le fameux piano solo impliquant une composition personnelle), des workshops, des échanges entre artistes et public, des master class et des événements spéciaux. D'utilité publiqueDepuis novembre 2007, toutes ces activités ont été regroupées par une structure ad hoc: Fondation2, reconnue d’utilité publique. «C’est une manière de séparer l’activité commerciale de l’activité pédagogique, de mettre en valeur la recherche, la création et l’échange culturel. Une manière aussi de simplifier la comptabilité. Il faut savoir que toutes ces activités gratuites pour le public avaient un coût d’environ 800.000 francs, entièrement à la charge du Festival», dit Stephanie-Aloysia Moretti, cheffe de projet. Par son statut, Fondation2 peut bénéficier de l’aide de mécènes privés ou institutionnels, de subventions et de l’appui d’autres fondations. Opéra pour et par les enfantsAu programme de cette première édition, on notera un opéra pour et avec des enfants («Brundibàr», de Hans Kràsa (1938) retrouvé par le Conservatoire de Montreux), un hommage à Pannonica, mécène et amie de plusieurs musiciens de jazz; la diffusion en projection quasi-privée des meilleurs concerts du festival et une soirée turque où auront rendez-vous jazz et musique classique. Le détail du programme est à lire ici. Fidèle de Claude Nobs depuis 1989, Stéphanie fut aussi une de ses trois programmatrices talentueuses. Elle se souvient avec une certaine nostalgie du temps où le Festival était encore à taille humaine, où chacun pouvait savoir ce que faisait l’autre. Européenne lettrée, épouse d’un scénographe, elle a beaucoup voyagé dans les années 90. Etudes de sociologie en Australie et d’histoire de l’art à Perugia pour parfaire son italien. L'utopie esperantisteElle parle aussi l’espagnol et l’esperanto qu’elle a appris en Nouvelle-Zélande, «un pays qui a été créé comme une société idéale, en rupture avec le système de classes anglais. Pour vivre dans le respect des autres, ils ont décidé d’apprendre une seconde langue qui n’était la propriété de personne.» Cette utopie linguistique, parlée tout de même par quelques 2 millions de personnes dans le monde, sied à merveille à cette femme raffinée et fervente qui conçoit l’art comme un bastion de liberté dans un monde de plus en plus soucieux de sécurité et de prévention. La première édition de Fondation2 est à son image: généreuse, sans préjugé, soucieuse de modernité autant que d’histoire.
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