«La mixité a été une formidable avancée pour les femmes»
POLEMIQUE | 15:39 Le maire a rendu sa décision: la piscine municipale d'une petite commune de l'Isère ne sera finalement pas réservée aux femmes une fois par semaine. Au centre de la polémique née avec cette affaire: la mixité. Serait-elle en danger? Est-elle un principe immuable ou peut-on l’adapter en fonction des besoins? Réponses avec une spécialiste.
Manon Esteve et MCM | 26-06-2008 | 15:39
La décision vient de tomber: dépassé par la polémique, le maire de La Verpillière, cette petite commune de l'Isère qui avait décidé d'ouvrir sa piscine municipale exclusivement aux femmes une fois par semaine, vient de renoncer à cette idée. L'enjeu principal de affaire selon les opposants au projet: la remise en cause de la mixité.
Et c'est encore et toujours ce thème qui entre en ligne de compte dans l'annulation très discutée d’un tournoi de basket féminin intermosquées sous prétexte qu'il devait être interdit aux spectateurs masculins. Autant de sujets qui soulèvent la polémique car on ne touche pas comme ça à l’un des acquis majeurs du milieu du XXe siècle!
Ecrit en 2007, le livre* des sœurs Chaponnière, Corinne, docteur es lettres, et Martine, docteur ès sciences de l’éducation, offre une synthèse passionnante sur une conquête finalement récente mais entrée dans les mœurs.
Alors la mixité serait-elle en danger? Est-elle un principe immuable ou peut-on l’adapter en fonction des besoins? A qui profite-elle? Et pourquoi sa remise en cause provoque-t-elle autant de réactions. Réponse avec Martine Chaponnière.
Quelle définition donnez-vous de la mixité?
C’est la possibilité pour les femmes et les hommes de vivre dans un même espace et de manière harmonieuse. La mixité est un droit, mais il ne suffit pas de la décréter, il faut aussi la gérer. En Suisse romande, il a fallu attendre la fin des années 60 pour que l’école devienne mixte et au début, les professeurs ne savaient pas comment s’y prendre.
La mixité n’est pourtant pas idéale. La violence sur les femmes, par exemple, n’en est-elle pas une conséquence?
Peut-être les choses étaient-elles plus faciles avant une certaine généralisation de la mixité. Celle-ci, après tout, peut être vue comme un luxe de civilisation dans la mesure où hommes et femmes doivent peu à peu apprendre à partager des activités et des espaces qu’il était auparavant inimaginable qu’ils soient mixtes. Prenez le monde du travail. Quand il n’y avait pas de femmes, la question du harcèlement sexuel ne se posait pas. Aujourd’hui, les entreprises prennent des mesures pour le prévenir et de façon générale, les choses se passent plutôt bien. La mixité nécessite bien sûr que l’on maîtrise ses pulsions sexuelles.
Et les violences dans les banlieues?
Les brutalités dans les banlieues s’inscrivent dans un cadre très spécifique. Les garçons savent en gros qu’ils n’ont pas d’avenir et voyant que les filles s’en sortent mieux, ils les prennent comme boucs-émissaires de leur mal-être. Ce n’est pas la mixité qui est responsable mais la précarité. Il ne faut pas oublier que la mixité a été une avancée considérable pour les femmes. C’est elle qui leur a permis d’accéder à la sphère publique et au monde du travail.
Et pourquoi ont-elles été tenues si longtemps à l’écart?
D’une part, il a fallu que les hommes abandonnent leurs privilèges, et c’est toujours difficile de renoncer à ses privilèges. D’autre part, la sexualité des femmes a toujours fait peur. Dans l’inconscient collectif, elle est synonyme de désordre, de chaos. Il faut la circonscrire, s’en protéger. Remettre la mixité en cause, c’est souvent refuser d’admettre que les femmes sont libres de disposer de leur corps et de leur esprit.
La mixité ne tolère-t-elle aucune exception? La séparation des sexes n’est-elle pas parfois préférable? Pour des questions de pudeur, de construction de l’identité, de liberté à ne pas séduire….
Vous avez fait référence au début à des horaires de piscine non mixtes. Pourquoi pas? Aux Bains des Pâquis à Genève, il y a une section réservée aux femmes. Ce sont les femmes qui l’ont demandée ce qui n’empêche nullement celles qui veulent se baigner avec les hommes d’aller dans la section mixte!
Que serait pour vous une parfaite mixité? Que les hommes s’emparent de la sphère privée, par exemple?
Que femmes et hommes aient la possibilité d’occuper à parts égales les sphères de pouvoir et la sphère privée. Pour l’une comme pour l’autre, on a encore du chemin à faire…
*«La mixité», de Corinne et Martine Chaponnière. Ed. Illico
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je crois qu'au dela des
je crois qu'au dela des philosophies religieuses, on ne peut pas interdire qui que ce soit d'etre entre eux comme ils le veulent. si des femmes veulent etre entre femmes, c'est super, si d'autres veulent etre dans des lieux mixtes, c'est genial, si d'autres veulent etre entre nudistes, pourquoi pas? si d'autres preferent rester entre homosexuels why not? si d'autres entre hommes, c'est aussi super!
voila mon avis!
a quoi bon reproduire la petite image d'Adam et Eve systematiquement! je suis certaine que même a l'epoque de Platon il y avait des lieux exclusivement reservés aux femmes!
c'est une religion la "mixité"?