Procès pour excision en Suisse: deux ans avec sursis | Les Quotidiennes

08/01/2009 17:59
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Procès pour excision en Suisse: deux ans avec sursis

JUSTICE | 06:00  Les faits remontent à 1996. Le procureur a fait valoir que, depuis, les parents de la victime ont évolué, et qu'une peine de prison ferme ne ferait que punir la fillette, qui vit toujours avec sa famille.




Une femme montre un outil utilisé par une exciseuse. (photo: AFP)


cd | 27-06-2008 | 06:00

Arrivés en Suisse dans les années 90, un couple de Somaliens a reconnu avoir fait exciser leur fille à l'âge de deux ans, en 1996, à leur domicile dans l'Oberland zurichois. Pour ce premier procès en Suisse pour une affaire de mutilation génitale commise sur le sol hélvétique, le Ministère public zurichois a requis deux ans de prison avec sursis. La Cour suprême a suivi le réquisitoire du procureur. Les parents devront verser à leur fille des dommages-intérêts et une indemnité pour tort moral, dont la hauteur n'a pas encore été déterminée.

 

Principal argument qui justifie une peine aussi "légère": les parents de la jeune fille, aujourd'hui âgée de 14 ans, ont évolué. Ils ignoraient à l'époque que cette mutilation tombait sous le coup de la loi dans leur pays d'accueil, a concédé le procureur, tout en ajoutant qu'ils auraient pu s'en informer.

 

Les mutilations de la fillette ont été découvertes l'an dernier lors d'un examen gynécologique à l'hôpital pédiatrique de Zurich. Selon l'accusation, l'excision avait été pratiqué au domicile des parents par un Somalien de passage qui n'a pas pu être formellement identifié. Aujourd'hui, la famille s'est agrandie, et les deux soeurs cadettes de la victime n'ont pas été excisées. Le procureur a fait valoir qu'une peine de prison ferme déchirerait cette famille, désormais beaucoup mieux intégrée, et ne ferait que punir la fillette, qui vit toujours chez ses parents. Faisant preuve de bonne volonté, les parents, de confession musulmane, ont assuré avoir beaucoup appris depuis les faits, notamment que les mutilations génitales féminines ne sont pas imposées par l'Islam.

 

Le couple est toutefois inculpé de lésion corporelle grave, un délit qui peut valoir jusqu'à dix ans de prison. 


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