De grâce, cher Ottmar, ne changez rien. Et laissez vos éclopés sur le banc !

Après le Japon et quelques autres qu’on n’attendait pas vraiment, voilà que l’un des plus petits du Mondial se rebiffe! Alors évidemment c’est l’extase dans le pays et les médias, qui n’en peuvent plus d’adorer ce qu’ils ont brûlé. A l’image du «Blick», qui a carrément canonisé Ottmar. Mieux, le quotidien zurichois milite pour qu’il reçoive la récompense  suprême: un passeport à croix blanche.

 

Il ne faut pas exagérer

Alors certes, il n’est pas question de mégoter devant cette victoire objectivement historique dans la mesure où la chose ne s’était pas produite jusqu’ici. Mais n’exagérons rien. Dans le fond, il était temps que les Helvètes battent ces arrogants Ibères, débarqués sur le terrain avec la conviction qu’ils allaient bouffer du Suisse sans coup férir.

Sauf que contre toute attente, l’ogre a failli. Mais hélas, rien n’est fait et que je continue à trembler pour la suite. Presque davantage d’ailleurs. Car ma grande crainte, c’est qu’Hitzfeld veuille sélectionner Frei, alors que ses potes ont démontré qu’ils  se débrouillaient parfaitement sans lui. Parce qu’on le connaît, ce fanfaron.  A son habitude, il voudra absolument  marquer son but. Du coup  l’équipe va s’en prendre un pendant qu’il  s’emmêlera  bêtement les pinceaux devant.

Evitons de tenter le diable

Et je ne parle pas de Behrami.  Alors de grâce, cher Ottmar, évitez  de tenter le diable et laissez vos éclopés sur le banc. En somme, ne changez rien. Tant pis si on triomphe à nouveau sans gloire. Car très franchement, à part les Espagnols vexés comme des poux, il n’y avait que les Français pour s’agacer de ce succès. D’autant plus exaspérant que l’arbitre anglais a ajouté près de six minutes, histoire de permettre à la Roja d’égaliser.

Behrami

Mais si ça pinaillait à TF1, je ne vous raconte pas l’ambiance sur Europsort, qui passait la rencontre en différé. Avec des experts rigolards, qui noyaient les excellentissimes joueurs espagnols sous des tombereaux d’orchidées noires. Se moquant dans la foulée de ces pauvres Suisses étouffés, archi dominés, à la limite de la rupture  et souffrant pire que des homards jetés vivants dans l’eau bouillante. Pour éteindre petit à petit et à leur corps défendant  le feu sous la marmite, après l’improbable réussite des Rouges.

Les Français tentent de se rassurer avant ce soir

De toutes façons, c’est la plaie ces commentateurs tricolores. Sans cesse à nous bassiner avec les Bleus. Avant, pendant et après les matches. Jusqu’à la nausée. Jamais un mot sur les autres équipes.

Par exemple, lors de l’extraordinaire performance des Allemands, tout ce qui les intéressait, c’était les chamailleries grotesques, par township interposée, entre Rama Yade avide de se faire mousser et ses compatriotes boudeurs. De leur prétention  à l’entraînement, où ils tiraient une gueule de trois kilomètres, ignorant leurs fans dont certains avaient parcouru des milliers de kilomètres dans l’espoir fou de serrer la pince de leurs idoles.

D’où Pirès, qui ne se content pas d’être mignon, a conclu que c’était une connerie, mais pas spécialement étonnante, vu qu’on est sous l’ère Domenech…  A part ça, chacun tente de se rassurer en se persuadant que les Bleus l’emporteront ce soir. Car ils n’ont jamais perdu contre le Mexique. Pourtant, les Suisses viennent de le démontrer, à l’instar de n’importe quelle loi, celle des séries est faite pour être violée.

Les comiques de la TSR pire que les wuwuzelas

Bref. Pour avoir des nouvelles générales des participants à la fiesta, force est de nous rabattre sur la TSR et notamment sur le club de nuit. Le problème, c’est qu’en plus d’invités parfois folkloriques, on doit se farcir les comiques qui, lors de toutes les grand-messes footballistiques, envahissent l’écran pour faire différent. Genre Jacky & Roger ou le pitre de Couleur 3, qui se lâche en intervieweur de choc. Mais comme si cela ne leur suffisait pas de nous imposer leurs gags débiles, laissant jusqu’à Massimo Lorenzi de marbre sinon un poil gêné,  les quatre se croient obligés de prendre un épouvantable accent vaudois.

 

De quoi vous écorcher les oreilles pire que les assourdissantes wuwuzelas. Et puisque j’en cause, je veux bien admettre qu’en Afrique du Sud, on se plie aux rites sud-africains. Mais je me dis aussi que le respect des cultures, ça ne marche pas que dans un sens…

 

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Edmée Cuttat

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