
Quand elle était petite, France Vésy (france.vesy@bluewin.ch) flashait sur les dessins de Kiraz, l’inventeur des Parisiennes, ces filles aux jambes interminables qui ont imposé leur silhouette longiligne à la fin des années 60.
Elle aimait Kiraz pour son sens du détail fashion, l’humour peste de ses héroïnes mais aussi la facture de ses dessins de presse, de belles gouaches colorées et lumineuses.

«Kiraz était peintre avant de devenir illustrateur. Il a soigné la composition de ses dessins comme s’il s’agissait de petits tableaux.
Mais surtout, il a introduit la mode, dont il a été à l’avant-garde, dans ses planches. D’ailleurs, ses Parisiennes sont encore très contemporaines. Ce que j’aime, c’est son regard de chroniqueur. Il observe ce qui se passe autour de lui et ne juge pas.»
Elégance pop…
Kiraz serait-il sa petite madeleine? Ou, pour parler de réminiscences plus ajustées à sa génération, sa petite Chupa Choups à elle?
On pourrait le croire au vu de ses dessins hyper-colorés, aux détails soignés et aux compositions assez savantes.
Mais cette fille de mai qui déteste l’hiver et conjure le froid de ces derniers jours en écoutant Buena Vista Social Club - «avec une prédilection pour «Dos Gardenias», une chanson qui me fait fondre» - revendique d'autres influences.
France, qui vit à Genève, aime l’humour belge, «à la fois naïf et excessif» ; le burlesque de Valérie Lemercier ; l’humour à répétition; tous les films d’Almodovar; les couleurs de Matisse; la gaité enfantine de Miro et la légèreté raffinée d’Eric Rohmer qui vient de nous quitter.
…et douceur
«J’aime en eux la distance un peu décalée, ironique, délicate mais aussi un peu cruelle. J’espère pouvoir transmettre les mêmes sensations avec mes illustrations.» La première qu'elle livre, attachée à la vague de froid qui submerge l'Europe, est plutôt tendre.

Ni notes, ni esquisses
Et pourtant, comme elle le dit sans coquetterie, France ne sait pas dessiner. «J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui ont un bon coup de crayon.
A l’école d’architecture, comme je ne l’avais pas, je compensais en visualisant entièrement mes situations, souvent en 3 D, et en les interprétant le lendemain sur ordinateur. L'illustration m'enthousiasme depuis toujours, qu'elle soit purement graphique, humoristique, picturale ou publicitaire.»
Elle travaille, entre autres, sur SketchUp, un logiciel qui lui laisse beaucoup de liberté.
«On peut tout faire, sauf des caricatures, genre que j'apprécie moins. Je préfère travailler les situations, j’aime construire un dessin comme on construit une maison.»
Le dessin dans la tête
Et elle les construit vite. Pour la défier, je lui soumets trois sujets d’actualité lus dans la presse du jour et lui demande d’imaginer, en moins d’une minute, une situation pour chacun d’entre eux: les 12,577 maîtresses de Warren Beatty, les 50.000 francs que coûte un blessé par avalanche et les scanner à la douane.
«L’image qui me vient pour Warren Beatty est celle d’un vieux manège, datant du siècle passé, où défileraient, plantées à la place des chevaux en bois, toutes ses conquêtes. Pour le second, j’imagine un ado addict aux jeux vidéos, qui provoque des avalanches et s’étonne ensuite du prix de ses fantasmes.
Quant au troisième, je montrerais un homme ou une femme à qui on découvre une maladie en même temps qu’on le fouille. Tant qu’à faire, autant que cela serve à quelque chose!»
Pari gagné, elle a répondu en 45 secondes. «Oui, mais ce n’est qu’un premier jet. En général, je prends deux heures avant de m’endormir pour mettre en place tous les éléments. J’ai le dessin dans ma tête et je l’exécute le lendemain.»
Outils contemporains
Mais est-ce toujours du dessin? «A l’arrivée, il n’y a aucune différence entre un dessin fait par ordinateur et un manuel, il s’agit toujours d’une image qui traduit l’idée d’un auteur. »
Mais ce distinguo l’énerve un peu. Pourquoi un dessin assisté aurait-il moins de valeur ou de crédit?
«Alors que la presse écrite est mise en rivalité avec Internet, le dessin de presse, lui, semble protégé. Quand je lis «Le Canard Enchaîné », certains auraient pu être faits au XIXe siècle. J’ai envie de travailler avec des outils plus contemporains, des couleurs, mettre en scène la technologie d’aujourd’hui, être de mon temps», dit-elle.
QUESTIONNAIRE DES QUOTIDIENNES
Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
La plus grosse femme du monde
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Le plus gros homme du monde
Le plus grand préjugé sur les hommes?
Le quant à soi
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Ne pas savoir dire non
Devise préférée?
Demain est un autre jour
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)
Parler l’anglais fluently, l’allemand fliessend et le français en public
Vos prochaines vacances?
Marseille et les Landes
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
A Saint-Tropez dans les années 50-60
Si vous étiez un objet?
Un tableau de Matisse

Votre péché mignon?
Ma petite Fiat 500
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
Me régénérer
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Barbara, Eric Rohmer, Françoise Sagan
Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Je suis une grande consommatrice de papier de toilette
Votre lecture en ce moment.
Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
La musique, l’espagnol, danser
Voius êtes Suisse, adorez genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
La Drôme Provençale, Paris, Bruxelles
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Une bonne camarade
Adresse mail: france.vesy@bluewin.ch
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dommage on ne voit pas le
dommage on ne voit pas le dessin ni ce qui est écrit...
nouvelle illustratrice...
Pourquoi aller chercher une personne si loin
Cap sur les valeurs suisses bien de chez nous ,fossoyeurs de geneve vous nous donnez envie de vomir !..
La Suisse possede de tres bonnes ecoles d art et de design reconnues dans le Monde entier ECAL à lausanne ,Ecole d art de geneve ect..
Que vont devenir ces etudiants à la fin de leur cursus ?
Ce portrait est craquant et
Ce portrait est craquant et jouissif, sans doute à l'image de la personne. Quelle équipe vous faites, l'une qui habille les idées avec les mots et l'autre qui les déshabille avec des images! Vous êtes irrésistibles.
Michèle L., Pully