L’association s’appelle «Art/7». Les six galeristes carougeoises qui la composent ne demeurent cependant que six. Spécialisée dans la peinture chinoise contemporaine, Leda Fletcher a disparu de la scène. Notez que la dame se porte bien. L’Italienne annonce même son retour pour avril. Ce sera à Palexpo, dans le cadre de la nouvelle foire d’art remplaçant Europart.
C’est pourtant le premier week-end de mars qu’ont lieu les vernissages simultanés des six spécialistes du contemporain. Elles n’ont jugé bon ni d’inclure une nouvelle collègue, ni de changer de nom. «Il faut dire que nous sommes si bien ensemble», explique lors d’un petit-déjeuner (dont je suis le coq en pâte) Isabelle Dunkel.
Faisons les présentations. Annick Zufferey sort un flamboyant collier de fleurs de son sac. Il est de Susanne Klemm, l’artiste qu’elle proposera dès samedi. «Je me suis toujours intéressée aux bijoux. J’en fabrique un peu. J’en expose beaucoup.» Annick travaille depuis 2003 au 2, place des Charmettes. Elle a eu six ans une autre galerie. «Mais je suis toujours restée à Carouge.» La jeune femme a donc choisi Susanne Klemm, qu’elle n’a jamais vu «pour de vrai». «J’apprécie son imagination débordante. Le collier que je vous montre est l’enveloppe qui reste des fleurs que cette Suissesse, installée à Amsterdam, avait entourées d’une matière synthétique blanche.»
Maya Guidi, maintenant. Elle semble toute frêle. Il lui reste une pointe d’accent alémanique. Maya occupe 40, rue Saint-Joseph, une minuscule arcade. «J’ai une prédilection pour le dessin d’illustration, mais je fais aussi d’autres choses comme la sculpture ou la céramique.» Pour l’édition 2010 d’Art/7, mon interlocutrice a retenu Carol Bailly. «C’est une Américaine, née à Boston en 1955. Elle vit à Fribourg, où ses œuvres bénéficient a en ce moment d’une exposition à l’espace Tinguely.» Carol se rapproche de l’art brut. Elle utilise une couleur presque saturée. «J’en montrerai de petits dessins comme de grands travaux, exécutés sur papier d’emballage déplié.»
Christine Ventouras, la plus volubile du sextet, s’intéresse avant tout à la photographie. Il y a dix-huit ans qu’elle est activité, comme on dit pour les volcans. Elle aussi en arrive à son deuxième lieu à Carouge. L’actuel Krisal se trouve 25, rue du Pont-Neuf. «J’accrocherai Yann Arthus Bertrand, qui commence seulement à travailler avec les galeries.» Mais attention! Notre amie n’entend pas à en montrer banalement les images aériennes. «J’ai été fascinée par les portraits d’animaux, qu’il réalisait aux salons d’agriculture. Il y a là des bœufs colossaux, des porcs gigantesques et aussi, je dois dire, des chevaux très élégants.» Il y aura une vingtaine de pièces. «Et pour la première fois, j’éditerai un petit catalogue.»
Installée 18, rue Ancienne, Isabelle Dunkel s’étonne presque de rester présente au bout de quinze ans. «J’avais pris un espace pour montrer James Rizzi, que je représentais en Suisse. Je pensais rester deux ou trois mois.» Et puis, d’artiste pop en artiste pop, Isabelle s’est fait un nom et une clientèle. «Pour fêter cet anniversaire, je reprends donc James Rizzi.» Du New-Yorkais, la galeriste créera en fait un rétrospective. Il y aura des découpages en relief sur papier et des peintures acryliques sur tôle.» Tous les formats se verront représentés. «Il y aura du très petit comme du très grand.»
«Si j’additionne les années passées à Besançon et celles vécues à Carouge, j’en arrive é vingt ans de métier.» Véronique Philippe-Gache n’en semble pas tourneboulée. Elle aime sa petite salle du 15, rue Ancienne. «J’ai retenu cette fois un Vaudois, Armand Dizerens. Il dit de lui-même Armand C. Comme sa femme a travaillé pour faire bouillir la marmite, alors qu’il peignait et gravait il lui devait bien ça.» Véronique sort de son sac des reproductions. Difficile de réaliser que ces œuvres sont tri-dimentionnelles. «Des découpages se superposent aux labyrinthes géométriques.» Il s’agit là d’une création liée à la poésie. Une poésie de précision. Armand C. travaille au microscope.
Marianne Brand n’est pas présente au petit-déjeuner. Elle plane donc au-dessus de nous à la manière d’une divinité tutélaire. L’ancienne céramiste fait en effet partie des institutions de la ville sarde. Dans sa galerie toute en profondeur, elle montre bien sûr beaucoup d’ex-collègues. Qui a-t-elle choisi pour 2010? Christine Favre, une vieille connaissance. Marianne reste en effet très fidèle à «ses» artistes. Et que fait Christine? Elle travaille la terre et le bronze. Ses objets en acquièrent un côté beau et étrange. On dirait de l’archéologie moderne.
Voilà. Précisons que les vernissages ont lieu de samedi et ce dimanche de 11h à 17h. Les expositions vivront ensuite chacune leur vie. Pour en savoir davantage, il suffit de taper sur www.Art7-carouge.com
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