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Inventaire biographique à l’Arsenic

Culture | 13:57  Guillaume Béguin met en scène Autoportrait et Suicide de l’auteur français Edouard Levé.






Michel Caspary | 22-02-2010 | 13:57

A l’Arsenic, les cinq comédiens dirigés par Guillaume Béguin dans Autoportrait recomposent le puzzle de la vie de l’écrivain français Edouard Levé, mort en 2007 à l’âge de 42 ans. Il a écrit ce texte d’une traite, par association d’idées, se remémorant son enfance, son boulot, ses amours, ses emmerdes. Autant de petites scènes au quotidien, parsemées de réflexions tantôt drôles, tantôt philosophiques. Une déferlante égocentrique, mais sans complaisance, comme le constat honnête d’une existence, avec ses hauts et ses bas. L’inventaire intrigue, fascine ou déconcerte, et rappelle celui de Georges Perec dans Je me souviens.

 

Fondée en 2006, la Compagnie De nuit comme de jour s’est donné pour vocation « d’interroger les limites de la perception, de se frotter aux limites de la représentation, de brouiller les frontières connues entre le rêve et la réalité, entre ce qui se perçoit et ce qui ne se perçoit pas, entre ce qui se conçoit et ce qui ne se conçoit pas ». Dans le cas d’Autoportrait, les comédiens (Piera Honegger, Véronique Alain, Monica Budde, Joël Maillard et Jean-François Michelet) n’illustrent pas toujours avec leurs actes ce qu’ils disent. Le décalage est même fréquent, frappant, assumé. Une étrangeté parfois vaine, parfois pertinente. Il faut plonger dans ces flots sans craindre ni l’apnée ni l’étouffement, puis remonter à la surface, reprendre son souffle, et ainsi de suite. Au fil des souvenirs d’Edouard Levé, on peut trouver des similitudes avec sa propre vie, des sensations, des émotions, des questionnements intimes. Ou pas du tout. A chacun de faire sa liste, son inventaire, comme un jeu au milieu de cette litanie de « je ».

 

Autoportrait est suivi certains soirs d’un autre texte du même auteur, Suicide, remis trois jours avant le sien à son éditeur. Comme un message dans une bouteille jetée à la mer sans savoir si quelqu’un la récupérera un jour. C’est fait. Le message vaut la peine d’être entendu.

 

 

 

Lausanne, Arsenic, jusqu’au 27 fév. Suicide, ce soir, mardi (21 h), sa 27 (22 h) et di 28 (17 h). Location: 021 625 11 36 et www.theatre-arsenic.ch


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