Crédit, endettement, surendettement et la spirale de la crise se met en route. Depuis des années, les associations de consommateurs mettent en garde contre le petit crédit, organisent des cours de formation pour apprendre aux personnes à se remettre à flot.
Je regardais cette semaine une émission sur la spirale infernale du petit crédit en Inde, petit crédit accordé aux femmes pour lancer de petites entreprises, leur permettre d’acheter de quoi ouvrir une cantine des rues, un petit atelier de couture ou une échoppe. On prête aux femmes, car on sait par expérience qu’elles sont plus prudentes en affaires. L’historique démontre que leurs affaires fleurissent et qu’elles remboursent leurs prêts. Mais le système dérape, les intérêts grimpent jusqu’à 20 %. Les femmes ont le couteau sur la gorge, empruntent pour rembourser un premier prêt, certaines contractant jusqu’à huit différents crédits qui n’ont plus rien à voir avec leur business d’origine, mais servent à payer les soins médicaux ou la nourriture de la famille, sans plus aucune chance de remboursement. Quand la pression devient trop forte, elles disparaissent dans les grandes villes condamnées à la déchéance.
Mais que font les prêteurs ? Comment en est-on arrivé là ? Comment ces modèles cités en exemple en Europe et préconisés pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les pays occidentaux peuvent-ils avoir dérapé pareillement ?
Pouvoir de l’argent, perte progressive de l’idéologie de départ qui reposait sur l’essor de l’économie nationale grâce aux femmes, grâce à leur esprit d’entreprise, leur sens des affaires, leur responsabilité face aux générations futures. Corruption, une quantité vertigineuses de personnes qui vivent grâce à ce surendettement, une chaîne entière d’hommes qui savent pertinemment que ces femmes ne pourront pas rembourser l’argent, mais qui n’ont plus rien à faire de l’idéologie d’origine, voire qui l’ignorent complètement. Un monde ou les banquiers des pauvres sont aveuglés par l’appât du gain et se sont transformés en usuriers.
Le crédit: un outil à deux faces, un outil qui montre ses limites dès que l’économie éternue. Un outil incapable de maîtriser le miroir aux alouettes qui s’appelle richesse !




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