Il est venu. Il est là. Il s’est fait tout beau dans sa chemise et son veston sombre. Il se tient droit au milieu de la foule. Une foule qui a l’habitude des spectacles. D’une attitude très à propos, il joue au spectateur. Et il joue bien parce qu’il a vraiment l’air d’en être un. Distant, détaché. Un peu curieux, un peu pressé.
Mais si on le regarde un tant soit peu, on voit des soleils à l’intérieur. Des soleils de Turquie. Des soleils d’un amour paternel. Retenu, discret. Étouffé. Mais puissant comme la lumière. Ce n’est pas un spectateur lambda mais un père.
Un père qui vient voir danser sa fille pour la première fois.
Mélanie Richoz, Le Blog




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