Je suis une fervente partisane de la formation continue et j’étais heureuse de voir figurer, dans l’article constitutionnel sur la formation, une disposition qui ancre ce type de formation dans la constitution fédérale.
Il faut maintenant faire la loi d’application. Le parlement s’en occupe. Il s’en occupe si bien que certains de ses membres – démocrates-chrétiens, socialistes et verts pour la plupart – comptent bien doter la Confédération de pouvoirs étendus, dans un domaine un peu inattendu : celui de la formation des parents. Ils ont déposé une motion dans ce sens, apparemment, le Conseil national et le Conseil des Etats sont enclins, dans leur majorité à entrer en matière.
Quelle mouche pique tous ces beaux esprits ? Certes, nous vivons dans une société où le rôle des parents fait débat. Non pas qu’il ait fondamentalement changé mais parce que l’autorité parentale n’est pas toujours assumée, ou très imparfaitement parfois. L’école se retrouve en première ligne pour faire ce que les parents ne font pas, l’éducation de base des enfants.
On peut et on doit déplorer cela. Il s’agit de rappeler où se situe la responsabilité, quitte à amender les parents déficients dans des circonstances précises. Mais de là à imaginer que la Confédération doive édicter des dispositions qui prévoient le financement de la formation des parents, il y a un pas que je me refuse à franchir.
Se former tout au long de la vie n’est pas qu’un slogan, c’est une nécessité pour les femmes et les hommes de ce temps. C’est à cela que sert la formation continue et c’est ce qui justifie le fait que l’on en fasse une tâche fédérale. En revanche, donner naissance à des enfants, assumer la responsabilité qui en découle et l’éducation à donner, ceci ne peut être une prescription. Cela relève de l’obligation morale, celle qui est donnée avec la liberté de procréer.
Pour ceux qui sont tentés de trouver cette motion malgré tout sympathique, je me dois de mettre en évidence ceci : donner un pouvoir de légiférer dans un domaine qui relève de la sphère privée signifie que l’on donne à l’Etat le droit de s’immiscer dans la tâche éducative.
Enfin, en réfléchissant un peu on arrive facilement à la conclusion suivante : ceux qui auraient vraiment besoin d’être formés ne sont pas ceux qui choisiront de se former. Verra-t-on ensuite l’Etat prescrire une formation obligatoire pour tous les parents ?
Martine Brunschwig Graf



1 commentaire
Ni socialiste mais assez verte, je rêve depuis longtemps d'une formation pour les futurs parents. Par contre, je pense que nous avons l'instrument qui doive former ces parents dans l'école. Dans le programme scolaire il doit avoir au moins 2 heures par semaine des cours de formation parentale pour les enfants que seront les futurs parents.
Pas de financement par la confédération mais l'obligation pour les cantons de programmer ceci.
Publier un nouveau commentaire