Gouverner, c’est prévenir

A une voix près, le Conseil des Etats a refusé d’entrer en matière sur la Loi sur la prévention. Pourtant, mieux vaut prévenir que subir : la prévention améliore le bien-être de celles et ceux qui subissent des inégalités en matière de santé. Comme les 18% de la population suisse qui, en 2010, ont dû renoncer à des soins pour raisons financières…

Mieux vaut prévenir que souffrir, aussi : la prévention réduit le nombre et l’impact des maladies chroniques (cardiovasculaires, cancers, diabète…). En Suisse, le dépistage du cancer du col de l’utérus a ainsi contribué à faire baisser le nombre de décès de 200 en 1980 à 90 en 2007.

Las, ces arguments n’ont pas vaincu les préventions des représentants des milieux économiques qui, en campant sur une position purement idéologique, ont pris une décision opposée à leurs intérêts. Car en fait, la prévention profite à l’économie : elle limite les pertes de productivité associées à la maladie dans les entreprises (celles dues aux maladies chroniques étant de 400% supérieures aux coûts de prévention et de traitement!). Sans compter qu’elle freine la hausse des coûts de la santé, dont les 3/4 sont dus aux maladies chroniques (soit 40 milliards de francs !). 

Les opposants à la loi ont évoqué le spectre d’un « diktat fédéral » qui emprisonnerait les cantons, tels des détenus en préventive. Alors que cette loi prévoit surtout de coordonner l’actuel « patchwork, pas très bien cousu en plus » (dixit Didier Burkhalter) de la prévention en Suisse, en accord avec les cantons , d’ailleurs favorables à ce projet.

Un imprévu plutôt fumeux : le président de la Communauté du commerce suisse en tabacs a osé prendre la parole pour, bien sûr, pourfendre cette loi ! C’est que la prévention risquerait de trop bien marcher et de réduire sérieusement le nombre de fumeuses et de fumeurs… Était-ce LA voix de trop contre ce projet de loi ?

La loi retourne maintenant au Conseil national, qui l’a approuvée en avril. Reste à espérer que le National ne change pas d’avis mais que le Conseil des Etats si ! Sans quoi, face à l’explosion des maladies dans notre société vieillissante, nous ne pourrons pas dire : « nous n’avions pas été prévenus ! ». Gouverner, c’est aussi prévenir.

Liliane Maury Pasquier, conseillère aux Etats

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

© DR

La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.