Nous avons beau nous situer ici très loin de Rome. La Roche Tarpéienne n’en demeure pas moins proche du Capitole. La chute suit immédiatement l’apothéose. Une chute qui ressemble à beaucoup d’autres. Si vous tombez de nos jours de haut, il y a bien des chances que ce soit pour une histoire de sexe.
Nous sommes dans le parlement du Karnataka. Il s’agit là d’un Etat de l’Inde, le pays qui a inventé le Kama Soutra. Un pays où, dans le Sud, on détournait naguère le regard des ladies anglaises. Les bas-reliefs des temples auraient pu leur donner de mauvaises idées. Ou, pire encore, ces sculptures auraient pu leur faire penser que leurs maris manquaient singulièrement d’imagination au lit.
Et que font les ministres, durant un débat que l’on devine aussi long qu’oiseux? Ils tripotent leur portable. Oh, ce n’est pas pour téléphoner! Le ministre de la Coopération, celui des Ports, de la Science et de la Technologie et un troisième, dont le contenu du portefeuille ne se voit pas révélé, visionnent un film. Et, vous l’avez déjà deviné, celui-ci était pornographique.
Hélas, hélas… le trio a été pris en vidéo alors qu’il s’en mettait plein les mirettes. Celui qui les a surpris ne s’est guère montré discret. Il a confié la bande aux télévisions, qui en ont fait leurs choux gras (consomme-t-on au fait du chou, en Inde?). Peut-être ce manquement l’avait-il indigné. Les indignés ont la cote en ce moment.
Les suites de l’affaire n’ont pas tardé. Les trois ministres ont dû donner, en bloc, leur démission. Ils ont expliqué qu’ils n’avaient pas voulu mettre leur parti en difficulté. Il faut dire que la chose tombe mal. Très mal. Ce sont des membres du Bharatiya Janata, qui donne dans le nationalisme hindou. Autant dire que cette formation politique s’est fait connaître par des positions plutôt conservatrices.
On a les affaires DSK que l’on peut… Notez que celle-ci a peu de chances de tenir la Planète en haleine pendant des mois. L’histoire semble liquidée sans le moindre commentaire international. On ignore même, du coup, s’il s’agissait de ministres compétents. Mais après tout qu’importe! Il suffit de regarder les Etats-Unis. Un bon président y reste un gentil monsieur qui ne trompe pas sa femme.
Un bon ministre doit donc demeurer celui qui se contente de regarder de chastes dessins animés sur son portable quand les débats parlementaires ne sont… précisément pas animés.




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