Les féministes, les femmes et la pub. Le trio infernal.

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On ne plaisante pas avec les femmes. On ne plaisante pas avec la publicité. Pour tout dire, on ne plaisante plus du tout. «On ne rigole plus», comme on aurait dit jadis. Depuis quelques années, le domaine de l’humour se réduit comme peau de chagrin. Vous risquez toujours d’offenser, de choquer, de heurter, de scandaliser et j’en passe.

 

C’est le 11 Football Club de Nantes qui crée cette fois la polémique. Ce dernier ouvrait une boutique. Il faut bien de nos jours que les associations de football renflouent leurs caisses. Encore faut-il le faire savoir. Le magasin a donc lancé une campagne d’affichage. Et une campagne de ce type cherche plutôt à attirer l’attention.

 

Un publicitaire a donc trouvé «la» bonne idée. On voit une jeune femme à la bouche pulpeuse (il suffit de nos jours pour ça de se faire implanter quelques grammes de collagène) agenouillée aux pieds d’un homme. C’est déjà mauvais. Risqué. Dangereux. Et la dame laisse penser au spectateur qu’elle vient de faire au monsieur une gâterie. Appelons les choses par leur nom. Une fellation. Il ne manquait plus que la phrase qui tue. La voici. «11 Football Club aime prendre soin de ses clients.»

 

La boutique espérait créer ce qui constitue aujourd’hui le but ultime. Le nirvana. Il s’agissait de susciter le «buzz». En clair, tout le monde devait très vite en parler. C’est bien ce qui s’est produit, mais pas tout à fait de la manière attendue. Les féministes sont montées aux créneaux, même si ce ne sont pas ceux du beau château médiéval de Nantes.

 

Le Crash, Collectif radical anti-sexisme et Homophobie (pourquoi Homophobie, au fait?) ont donc crié au scandale. Regroupées, les associations souhaitent rédiger une lettre ouverte contre le magasin, «pour lui faire de la mauvaise publicité.» Une étudiante en histoire rappelle des évidences. «Encore une fois, on associe femme et sexe pour vendre un objet. On joue sur le fantasme d’une belle femme et non sur ses compétences.» On connaît l’antienne. Notons cependant qu’une bonne gâterie exige tout de même certaines compétences.

 

Une autre opposante rappelle, elle, la situation sociale. «En France, une femme se fait violer toutes les cinq heures.» Pas la même, heureusement! Reste encore là à déterminer s’il y a rapport de cause à effet. Combien seraient-elles, les malheureuses, à subir les derniers outrages dans l’Hexagone si une pub n’existait pas. Une tous les six heures, ou une toutes les quatre heures? Faire disparaître toute contrainte sexuelle n’est pas si facile que ça, hélas…

 

La boutique se défend en disant qu’il ne faut voir dans l’affiche «qu’un peu d’humour». Rien d’autre. Après tout, la dame aide le monsieur à mettre ses nouvelles chaussures de sport. Mais il semble difficile d’endiguer le flux. Quand des gens voient des offenses partout, c’est qu’ils les cherchent.  Mais chut! Je ne vous ai rien dit.

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Etienne Dumont

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La petite chronique féminine insolite de la Planète.

Etienne Dumont est une sorte d'encylopédie. Tout l'intéresse. Toutes les formes de cultures, peintures, théâtres, littératures, histoires sans oublier les potins qui chahutent la planète. C'est un journaliste, il travaille à la Tribune de Gnève, et un conteur d'histoires. Il est en vérité le chouchou des Quotidiennes. Et son look? Une oeuvre d'art.

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Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Une femme politique genevoise
 
Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?
Gérard Depardieu. Avec ses 150 kilos, je n’y arriverai jamais.
 
Le plus grand préjugé sur les femmes?
Parler «des femmes». Comme si toutes se ressemblaient. Elles ne sortent pourtant pas du même moule, comme les lapins en chocolat ou les filles des séries TV américaines.
 
Le plus grand préjugé sur les hommes?
De croire qu’ils existent
 
Devise préférée?
«Il n’y a pas de mal à se faire du bien»
 
Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?
Je ne sais en fait pratiquement rien faire, ou plutôt je ne sais rien faire de pratique. Autant dire que je me considère comme très handicapé.

Vos prochaines vacances?
Je n’aime pas l’idée de vacances, mais j’adore partir.
 
Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand?
Probablement dans les années 30 à Paris ou New York, avec un solide compte en banque. Il est évident que j’aurais échappé à la Crise.
 
Si vous étiez un objet?
Objet sexuel, évidemment!
 
Votre péché mignon?
L’avarice, l’égoïsme, la méchanceté, l’indifférence, la suffisance. Est-ce que cela vous suffit?
 
Le don de la nature que vous voudriez avoir?
L’ubiquité Mais est-ce déjà naturel en 2010?
 
Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?
Hitler, Staline et Napoléon. Je m’excuse à la dernière minute. La bombe est sous la table.


Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…
Ne rien faire
 
Votre lecture en ce moment?
Avec trois ou quatre livres par semaine, il n’y a pas de moment, mais des instants.
 
Trois choses que vous aimeriez apprendre?
L’italien, mais bien. Les claquettes, mais c’est un peu tard. Le hacking électronique, mais ce sera dans une autre vie.

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?
Mais je n’aime pas Genève! Je pourrais vivre à Paris, Londres et Venise avec un abonnement général de train et d’avion pour passer de l’une à l’autre.
 
Qu’est-ce que la vie a fait de vous?
Un demi-vieillard! A 62 ans…