On lit des choses étonnantes (et parfois détonantes) tous les jours. Il s’agit pour chacun d’attirer l’attention. L’usage de formules magiques se voit recommandé. Je ne parle pas ici d’ésotérisme. Mais il y a comme ça des mots chocs forçant le regard. Ils écrasent la concurrence.
Tenez! J’apprends aujourd’hui par le site Gentside qu’Hitler aurait eu un fils (lui qu’on disait impuissant!), et que ce fils serait Français. Double scoop. La nouvelle se voit reprise du «Point», qui a une image plus sérieuse, même si l’hebdomadaire parisien doit vendre comme tout le monde. Il s’agit de la fantastique histoire de Jean-Marie Loiret. Un monsieur apparemment décédé, ou en tout cas très vieux. L’affaire remonterait en effet à la guerre de 14, autant dire avant Jésus-Christ pour les jeunes générations.
Pendant la Grande Guerre donc, le caporal Hitler se retrouve en Picardie. Côté allemand, cela va sans dire. Il fait la rencontre, en territoire occupé (déjà occupé…), de Charlotte Lobjoie à Fournes-en-Weppe. Un nom trop beau pour être vrai. Après quelques mois de cour, la chose finit par arriver. Nous sommes en 1917. La soirée a été arrosée. La jeune paysanne cède. L’enfant parait neuf mois plus tard. Ce sera «le fils du Boche». Les rancunes se révèlent tenaces.
L’enfant se voit plus tard confié à un couple aisé, qui l’adoptera. Nous nageons en plein mélodrame. Il n’y aura pas ici de «médaille de mon père». N’empêche que l’enfant, puis l’adolescent veut connaître la vérité avec un «V» majuscule. Mais la paysanne, sachant ce que son amant d’un soir est devenu, garde le silence. Durant la guerre, la seconde, celle-là, Charlotte n’en reçoit pas moins d’officiers de la Wehrmacht de mystérieuses enveloppes avec de l’argent dedans.
Dans les années 50, Charlotte révèle enfin la vérité à Jean-Marie. A la mort de sa mère, ce dernier trouve au grenier des toiles signées Adolf Hitler. Il y a notamment là un portrait de sa mère ressemblant beaucoup à une autre effigie, découverte celle-là en Allemagne. Ne sachant que faire, Jean-Marie finit par voir en 1979 un avocat. «Je suis le fils d’Hitler.» Maître François Gibault s’en souvient. «Il a décidé, après conversation, de ne pas dévoiler sa sulfureuse filiation.» Il faut dire que Jean-Marie a fait partie des troupes françaises combattant l’ennemi de 1939 dans les Ardennes…
Les historiens allemands et japonais se montrent enclins à croire cette affaire. Elle n’a après tout que le défaut du romanesque. Leurs homologues français, eux, se déclarent plus réticents. Mais il faut dire que l’histoire, même s’il s’agit de petite histoire, a quelque chose de gênant. Elle cadre en plus mal avec le personnage d’Hitler. Des enfants secrets de Mussolini, il doit y en avoir en revanche une pléthore. Ils pourraient même organiser des rencontres d’anciens.
Il reste à parier que l’affaire fera long feu. Ou chou blanc. Celle d’Anastasia, la fille du tsar, date d’un autre siècle. On avait alors davantage de temps libre. Et puis, finalement, quelle importance?




Publier un nouveau commentaire