Dans ma dernière chronique je vous racontais que Melbourne, premier tournoi majeur de l’année, attendait impatiemment son nouveau roi. Et que si la plupart des parieurs donnaient Djokovic gagnant, Federer était plutôt bien placé tandis que Nadal, le genou plus ou moins en capilotade, n’avait pas trop la cote.
Mais voilà. Ils avaient oublié le fichu complexe que notre gloire nationale nourrit à l’égard de l’Espagnol. Et ce qui devait arriver arriva. Opposé pour la vingt-septième fois au pitbull qui s’était fait détartrer les incisives, le maestro helvétique a encore plié. Bon prince, son bourreau a quand même dit que c’était un honneur d’affronter un joueur qui reste meilleur que lui. Pas de doute, ça lui fait une belle jambe, au Bâlois...
Le plus mortifiant, c’est qu’il frétillait à l’idée d’affronter la tornade ibère en demi-finale. Il s’est même carrément déboutonné dans une émission d’Eurosport. Mais pour une fois que ce brave Rodgeur ne pratiquait pas la langue de bois, il aurait mieux fait de se taire!
En effet, interrogé par Henri Leconte, il a manifesté une rare confiance. Non seulement en raison de ses matches remportés en fin de saison dernière, mais aussi parce qu’il s’était tellement entraîné pour l’Australie.
Bref il se sentait en superforme et ça devait planer pour lui. "J’ai trop bien joué depuis le début de cet Open". Poussé par le Français, il est alléé jusqu'à affirmer qu’il n’avait jamais eu peur de Nadal… sauf une fois à Roland Garros. Eh bien maintenant ce sera toutes les fois. A commencer par la prochaine.
Comme d’habitude, Sa Grâce Sérenissime a tenu à rassurer ses fans éplorés en relativisant sa défaite. « Ne soyez pas désolés pour moi. Cela fait cinq mois que je n’avais pas perdu un match, il y a pire comme situation. Ce qui compte, c’est ma réaction à venir ».
Possible. En attendant, où que Guillaume Tell se tourne c’est plutôt la cata comme perspective. Si Rafael Nadal l’emporte, il commencera à se rapprocher dangereusement de son record en Grand Chelem tout en prenant largement ses distances. Si c’est l’Ecossais Andy Murray, il se laissera à nouveau piquer sa troisième place.
Enfin si c’est Novak Djokovic, on encensera tellement le Serbe que le malheureux Federer risque de se retrouver dans les oubliettes médiatiques. En même temps c’est la solution la moins grave pour ne pas trop se laisser décramponner par les deux autres. Cornélien tout ça.
Un mot encore sur les Français. Une chose est sûre, on ne répètera jamais assez que la quantité ne fait pas la qualité. La preuve. Vingt-cinq engagés, hommes et femmes confondus et plus un rat après quelques coups de raquette ou presque.
Un amateurisme crasse, particulièrement illustré par l’ inexistence de Richard Gasquet dont on encensait « le tennis fabuleux » et la pathétique incompétence de Jo-Wilfried Tsonga, qu’Amélie Mauresmo voyait aller loin avec les armes redoutables dont il dispose. Mais lesquelles ? Un lance-pierre peut-être…






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