Sponsorisé par

Coup de griffe: Federer et les autres... sauf pour les Suisses

edmeeok.jpg

© DR

Il a beau avoir été désigné il y a quelques mois deuxième personnalité la plus respectée et admirée au monde derrière Nelson Mandela, c’est loin de suffire à impressionner ses compatriotes. Comme quoi décidément nul n’est prophète en son pays. C’est ce que doit se dire le malheureux Federer, à nouveau relégué à la troisième place du classement lors de la soirée à la TV alémanique (plus ennuyeuse que jamais) récompensant le meilleur sportif suisse 2011.

Comme il y a deux ans, c’est Didier Cuche qui l’a emporté devant le fondeur Dario Cologna. Encore une chance, cette fois au moins le grand Rodgeur n’a-t-il pas été devancé par le roi de la lutte, à l’instar de l’an dernier où Kilian Wenger lui avait brûlé la politesse, après avoir failli coiffer au poteau Simon Amman et ses deux médailles olympiques!

Maigre consolation pour celui qui, intenable sur le court, a assommé toute la concurrence de septembre à fin novembre. Finissant une sixième fois par montrer à Londres qui était le maître des maîtres et raflant dans la foulée un nouveau record. Le plus difficile à battre de surcroît.

Et puisque je vous parle de records tout le monde a bavé des ronds de chapeau devant le nombre étourdissant de victoires de Novak Djokovic, qui a donc raflé 41 matches d’affilée, échouant d’un cheveu à mettre l’ombrageux McEnroe au tapis. La faute à qui? Sa Grâce helvétique bien sûr, qui a sadiquement brisé le rêve de Dracula en le terrassant en demi-finale de Roland Garros.

L’occasion d’ailleurs de rappeler que le Serbe a non seulement été stoppé net dans son élan, mais n’a fait qu’égaler l’exploit de la légende, qui avait également gagné 41 rencontres de suite entre septembre 2006 et mars 2007. Mais que je m’en souvienne, on n’en avait pas fait un fromage.

Reste que l’extraordinaire fin de saison du Guillaume Tell du tamis lui a valu cette flatteuse analyse: Federer, une classe à part. C’est du moins ainsi, contrairement aux ingrats Helvètes, que le voient les journalistes d’Eurosport. Pour eux, il y a de nouveau lui et les autres. 

Remarquez, cela s’explique. Djokovic, Nadal et Murray au bout du rouleau, le seul qui ait réussi à tenir tête au mythe ces dernières semaines, c’est Tsonga. Logique du coup pour les experts français de la raquette d'élever au rang d'exception l’homme dont Jo-Wilfried, leur fabuleux numéro un, a réussi à s’approcher. Même si le pauvre s'est fâcheusement incliné trois fois en quinze jours…

Bref. Pour en revenir au sportif suisse de l’année, une chose est sûre, l’air ne fait pas la chanson. Simon Amman n'a pas tardé à expérimenter la chose à peine son titre en poche et, après avoir remporté la première descente de la saison, le lauréat Cuche semble avoir bien du mal à honorer le sien. Au contraire de Federer, actuellement plus fais qu’un gardon et dont certains prétendent qu’il pourrait se payer le luxe de remonter sur le trône l’an prochain déjà. 

A commencer par lui d’ailleurs, si l’on se réfère à ses propos dans une interview au New York Times. Mais j’avoue que je me méfie un chouïa de son côté méthode Coué. Sans compter que le vampire de Belgrade, le pitbull de Manacor, voire la belette écossaise, ne vont pas continuer à jouer les seconds rôles. A vérifier dès le 16 janvier à l’occasion de l’Open d’Australie, premier Grand Chelem de 2012. 

Publier un nouveau commentaire

Edmée Cuttat

© DR

Chaque jeudi, notre chroniqueuse égratigne les stars du sport

Lire la suite