Amours ratées: celui qui ne capte pas le clap de fin (46)

Vous lui avez signifié, qu’à l’instar de Capri, lui et vous c’est fini. Comme vous n’êtes pas une experte du Service après vente, vous avez un tantinet bâclé l’exercice de rupture. En clair, vous avez fait l’impasse sur les explications hautement hypocrites version : « Tu es un être parfait : mais…, tu es trop bien pour moi : mais , je suis submergée par une demi montagne de problèmes : donc ». Et autres petites lâchetés ordinaires. Du coup (1), il a quelques difficultés à comprendre que les cha ba da ba da et les balades main dans la main (avec votre main à vous en tout cas) ne sont plus au menu du jour. Du coup (2) , il envahit votre sms connection de longs messages désespérées ou d’interminables diatribes assez relevées. Ce qui vous navre mais ne déclenche chez vous pas l’ombre d’un soupçon de culpabilité. Vous êtes un monstre en effet dépourvu de tout scrupule (laquelle absence de scrupule constitue le fonds de commerce des monstres).

Le plus incroyable dans cette interruption définitive des programmes amoureux est que vous en ignorez les motifs.

Vous n’avez en vérité aucun grief contre votre futur qui peine à gagner la catégorie des Ex. Donc nul besoin d’avoir lu toute la collection Jouvence (Maison d’édition spécialisée dans la psychologie à destination des décérébrées végétatives) pour réaliser que vous êtes affligée du Syndrome de la fée Clochette. Complexe qui se traduit notamment par une incapacité à lier une love relation durable avec autrui.

En attendant, Mister  l’éconduit, redouble d’imagination pour entrer en contact avec vous. Envoi de roses rouge vif (signifiant l’ardeur de son amour), petits mots tendres glissés dans votre boite à lettres, et mails enflammés inspirés des poèmes du courant romantique du 19e.

(Je sais, c’est cruel) mais cette insistance vous fait monter les nerfs en mayonnaise. Pire vous redoutez de découvrir que votre prénom avec mention « Reviens, je t’aime » soit inscrit en format XXL sur les façades des immeubles de votre ville. Chaque fois qu’un hélicoptère traverse le ciel, vous levez les yeux pour vérifier qu’aucune banderole faisant référence à vous-même,  ne soit arrimée à l’hélice.

Bref, comme dirait le nouveau maître de la pastille télévisée canalplusesque, Kyan Khojandi, vous êtes à deux doigts de passer de lui envoyer un tueur à gages pour mettre un terme à ses souffrances et aux vôtres par la même occasion.

Mais la perspective de finir votre existence dans une geôle insalubre freine votre élan « euthanasique »

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Adelita Genoud

© DR

Adélita Genoud est née à Rouen, a grandi (enfin façon de parler vu sa taille) dans diverses contrées de France, de Navarre et d'Espagne.

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