Une fois n’est pas coutume - comme dirait un journaliste débutant peu avare de lieux communs - la situation post citée n’est pas le fait de votre interlocuteur mais de vous ad personam. Le pitch: vous avez été éblouie par ce collègue qui évolue dans votre périmètre immédiat. Multitâche, vif et suffisamment cynique pour exciter votre fibre corrosive, vous recherchez sa compagnie pro activement. Donc depuis quelques temps, vous multipliez les échanges de blabla autour de cafés ou autres boissons réconfortantes. Devenue tactile après deux ans ininterrompus de séances chez le psy, vous ponctuez vos propos en pressant son bras, son genou bref toute partie de son anatomie à portée de votre main (hormis les parties génitales). Petite précision psychiatrique, avant d’engager la thérapie vous avez longtemps souffert du syndrome que vous intitulez sobrement « syndrome-je-ne touche-personne-et-inversement-sous-peine-de-contracter-des-virus-composites ». Cette mise en abime de votre pathologie a, du même coup, exacerbé votre versant émotionnel. Oui, vous éclatez en sanglots devant les déconvenues des héros de « plus belle la vie », bluette ensoleillée télévisuelle produit par l’Hexagone voisin. Ainsi vous prolongez l’effet en lui adressant des web messages flatteurs mais sincères. Alors évidemment, votre camarade de discussion finit par être troublé. Vous sentez bien que votre attitude par trop chaleureuse lui laisse à penser que vous êtes en train de lui conter fleurette. Vous le devinez aux contorsions embarrassées qu'il exécute sur chaise. Mieux, vous êtes parfois si vibrante qu’il est persuadé que vous allez lui passer la bague au doigt. Un malheur n’arrivant jamais seul, comme dirait le journaliste débutant susmentionné – la gêne que vous suscitée chez lui vous contamine. Vous êtes d’autant plus mal à l’aise que depuis quelques semaines, le froid et les inconvénients y relatifs a complètement gelé votre libido. En clair, vous avez autant envie d’entrer en communication intime avec autrui que de gravir le Mont-Blanc en talons aiguilles.
Donc, vous allez devoir faire un stage intensif dans un « gourouland » quelconque spécialisé en relationnel pour apprendre à réfréner vos ardeurs tangibles (tangible pris ici dans son sens premier donc). Et comme le même froid a paralysé votre cervelle en même temps que vos désirs secrets l’apprentissage va être long et fastidieux.



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