CHAMBRE A PART - Haïti : pas de compassion sans mémoire et sans action

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Le séisme survenu à Haïti il y a une semaine a suscité une émotion mondiale. Autant que son ampleur, c’est l’immense difficulté à organiser les secours et à acheminer l’aide humanitaire qui provoque une compassion sincère; pourtant, au-delà d’un climat émotionnel entretenu à coup d’images chocs et de superlatifs (« pire crise humanitaire à frapper la planète depuis des décennies », dixit Ban Ki-moon), que restera-t-il de cet apitoiement mondialisé une fois que les caméras occidentales seront rentrées à la maison ?

 

L’urgence de la situation est telle que la mise en place de moyens extraordinaires de la part de la communauté internationale ne se discute pas. Encore faut-il que la transition entre action humanitaire dans le court terme et reconstruction d’un pays dévasté soit établie de manière cohérente et que l’engagement de la communauté internationale ne faiblisse pas une fois retombée l’émotion médiatique. En renvoyant trop souvent à la fatalité d’un « destin maudit », cette dernière élude pourtant les responsabilités de la situation précaire d’Haïti avant le séisme ; celle-ci est notamment le fait de créanciers amoraux (FMI, Banque mondiale France, Etats-Unis, …) qui exigent toujours le remboursement des intérêts de la dette publique du pays ou de banquiers peu scrupuleux qui ont longtemps renâclé à rendre au gouvernement haïtien les millions déposés dans leurs banques par l’ancien dictateur Duvalier, sans même parler des conséquences bien présentes de siècles de colonialisme.

 

Dans un tel contexte, comment s’étonner de la faiblesse des infrastructures et de l’ampleur des dégâts provoqués par le tremblement de terre ? S’il s’agit là d’un désastre naturel qui n’est pas évitable en soi, la gravité de ses conséquences relève de la responsabilité politique. A l’heure où la communauté internationale est comme paralysée dans son action contre les changements climatiques, le cas d’Haïti doit nous faire réfléchir sur le prix à payer – en vies humaines surtout – faute d’agir à titre préventif.

 

Lorsque l’émotion médiatique sera retombée, n’oublions pas Haïti et la nécessité d’une véritable mission de solidarité qui place en son centre la souveraineté du pays et de sa population ! Sans quoi le sort de cette dernière sera le même que pour les innombrables victimes de la pauvreté, des conflits, du sida ou d’autres catastrophes silencieuses à travers le monde: l’oubli que nous impose la « mode » médiatique est synonyme de mort.

 

 

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.