Chambre à part, tout dire or not tout dire

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Transparence : le mot est à la mode. Quoique, ça dépend des sujets. Exemple : l’UDC s’insurge contre le secret qui a entouré les plans de libération des otages suisses en Lybie. Un secret, celui d’Etat, pourtant indispensable à protéger les intérêts de concitoyens en péril. Ce qui n’empêche pas, après coup, de vouloir faire toute la lumière sur la gestion de cette crise : charge à la Commission de gestion de révéler au grand jour si la loi a été respectée… ou non.

 

 

La même UDC est soudain beaucoup moins éprise de clarté quand on parle financement des partis. Au fait, qui a acheté son retournement de veste, et permis l’acceptation de l’accord USA-UBS au Parlement (donc l’énième sauvetage de cette banque et de toutes les « too big to fail ») ? Un accord qui s’attaque certes à un autre secret, bancaire celui-ci, mais aussi à l’ordre juridique suisse : le principe élémentaire de non-rétroactivité des lois, et avec lui la confiance des clients américains de la banque sont sacrifiés au nom des intérêts des géants de la finance.

 

 

La transparence bancaire, la gauche était pourtant bien seule à l’exiger, et ce depuis longtemps : il n’y a aucune raison de laisser les zones d’ombre du droit suisse protéger les tricheurs. Mais il n’y en a aucune non plus d’abdiquer dans ces conditions. Transparent par devant, transpirant les accointances douteuses par derrière, cet accord est aussi honteux que le refus de donner les moyens au parlement pour faire correctement son travail. L’opacité peut servir, cela transparaît clairement !

 

 

Et quid de la transparence des salaires, histoire que l’égalité salariale puisse un jour se réaliser ? Quid de la transparence fiscale, à l’heure où Genève planifie une amnistie fiscale de taille ? Quid de la transparence sur les conditions de renvoi des requérants d’asile, quand le rapport sur le décès du Nigérian demeure confidentiel ?

 

 

On ne peut tout dire, ni tout montrer, mais ce qu’on choisit d’exposer relève d’un choix politique. La majorité de droite du Parlement impose largement le sien : protéger les privilégiés derrière un rideau de fumée. La netteté, l’honnêteté, c’est pour les autres ! L’avantage c’est qu’à terme, elles et ils deviennent transparents, tellement transparents qu’on fait comme s’ils n’étaient pas là.

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.