Chambre à part. L’assurance... de rester sans emploi

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Moritz Leuenberger annonce qu’il va quitter ses fonctions, quand beaucoup d’entre nous sont en vacances. Pendant ce temps, il en est d’autres qui auraient volontiers conservé leurs fonctions et évité la vacance longue et obligée.

 

 

Je veux parler, bien sûr, des quelque 145'000 chômeuses et chômeurs que compte en ce moment la Suisse. Un chiffre en légère baisse, surtout grâce au boom saisonnier -tourisme oblige- de la restauration et de la construction. Cette bonne nouvelle n’en est pas une : il y a de plus en plus de chômeuses et de chômeurs de longue durée, les salarié-e-s âgés étant tout spécialement touchés.

 

 

Or, qu’ont fait les chambres fédérales, dans leur majorité bourgeoise? Elles ont voté, en mars dernier, une révision barbare de l’assurance chômage. Barbare, parce qu’elle va à rebours de la mission première de cette œuvre sociale : offrir une solide protection aux personnes perdant leur emploi, et leur ouvrir un vrai chemin vers la réinsertion.

 

 

De quelle protection parle-t-on quand on allonge la durée de cotisation nécessaire à toucher des prestations, ainsi que les délais d’attente en fin de formation ? Quand on diminue les indemnités, et qu’on supprime la possibilité de les augmenter temporairement dans les cantons les plus touchés ? Par quelle grâce la réinsertion naîtra-t-elle de la punition ?

 

 

Les chômeurs et chômeuses visés par ces mesures sont, dans l'ordre -c'est le Conseil fédéral qui le dit dans son message-, les travailleuses et les travailleurs plus âgés, ceux qui sont peu qualifiés, les personnes migrantes et les jeunes. Bref, toutes celles et tous ceux qui connaissent le plus de chômage et qui n’auront alors, en guise d’assurance, que celle de rester sans emploi !

 

 

Convaincus de l’iniquité de cette loi, le PS et ses partenaires ont lancé un référendum et déposé, ce 6 juillet, plus de 140'000 signatures contre le démantèlement de l’assurance chômage. Pour assainir cette assurance, il s’agit bien plus d’augmenter, fût-ce modestement, les recettes. Contrairement à ce qui fut décidé en 2001 et 2002 : on voit aujourd’hui les dégâts qui découlent de la baisse des cotisations !

 

 

Ces dégâts, les chômeuses et chômeurs ne sauraient devoir les payer (ni les cantons les financer à grand renfort d’aide sociale). Surtout que beaucoup d’entre eux ont perdu leur emploi suite à une crise financière dont ils ne sont pas responsables. Les coupables ? On les aide (cf. ma précédente chronique) ! Les victimes ? On les sanctionne ! Allez y comprendre quelque chose… Ou plutôt non, allez voter, le 26 septembre prochain, contre cette révision injuste !

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Liliane Maury Pasquier et Maria Roth Bernasconi

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La chronique à quatre mains de Maria Roth-Bernasconi et Liliane Maury Pasquier

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L'interview de Liliane Maury Pasquier

 

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

 Margareth Thatcher.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras?

Christoph Blocher.

 

Le plus grand préjugé sur les femmes?

Qu’elles sont forcément moins compétentes que les hommes.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes?

Qu’ils sont forcément plus compétents que les femmes.

 

Devise préférée?

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » (Montesquieu)

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

Réparer mon vélo, anticiper, voir sans lunettes.

 

Vos prochaines vacances?

Une escapade à deux en France, après les élections.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

 A la Renaissance, au 16e siècle, pour retrouver le foisonnement créatif si bien rendu dans les livres d’Anne Cunéo (Le Trajet d’une rivière, Objets de splendeur, Un monde de mots).

 

Si vous étiez un objet?

Un livre (ouvert, bien sûr!).

 

Votre péché mignon?

Une bonne tablette de chocolat extra-noir avec des éclats de caramel salé.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir?

De bons yeux, tu sais (j'aurais aimé ne pas devoir porter des lunettes depuis l’âge de 4 ans!).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils?

Martin Luther King, Simone de Beauvoir et Montaigne.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Passer une journée en pyjama.

 

Votre lecture en ce moment?

Divers quotidiens, hebdomadaires et autres rapports!

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre?

Parler l’espagnol, perfectionner mes danses bretonnes, cuisiner plein de nouvelles recettes.

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter?

En Bretagne, à Montréal, en Suède.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous?

Votre voix au Conseil des Etats! 

 

 

L'interview de Maria Roth-Bernasconi

Quelle femme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

La femme de Kadhafi.

 

Quel homme n’aimeriez-vous pas avoir à serrer dans vos bras? 

Outre évidemment Kadhafi, Christophe Mörgeli, un affreux UDC suisse

 

Le plus grand préjugé sur les femmes? 

Qu’elles sont émotives plutôt que rationnelles.

 

Le plus grand préjugé sur les hommes? 

Qu’ils sont forts et ont tous envie de faire carrière sans tenir compte de leur vie familiale.

 

Devise préférée? 

« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore » (Anatole France).

 

Trois choses que vous ne savez pas faire (et qui vous handicapent)?

 Réparer des prises électriques, lire des documents et écouter de la musique en même temps, lire les plans de réseaux et les affichages des Transports publics genevois (c’est écrit beaucoup trop petit et j’ai une mauvais vue!).

 

Vos prochaines vacances?

 Le 24 octobre (lendemain des élections fédérales): mon mari m’invite quelques jours en Alsace.

 

Vous avez une machine à remonter le temps. Vous allez où et quand ? 

A la fin des années 1970, après 1971 (date du droit de vote et d’éligibilité des femmes en Suisse!). Les années peace and love...

 

Si vous étiez un objet? 

Une rose, avec ses épines (forcément, je suis socialiste !).

 

Votre péché mignon? 

Le chocolat.

 

Le don de la nature que vous voudriez avoir? 

Une voix fantastique (j’aime chanter et rêve de chanter l’Ave Maria de Schubert, qui me touche énormément).

 

Vous avez le droit d’inviter trois personnages illustres et disparus à votre table ce soir. Qui seraient-ils? 

Rosa Luxemburg, Gandhi et Martin Luther King.

 

Un truc que vous adorez faire mais dont vous avez un peu honte…

 Jouer au solitaire sur mon smartphone, dans le train, le bus ou le tram.

 

Votre lecture en ce moment?

La terre des mensonges, d’Anne B. Radge, un roman norvégien à l’humour grinçant.

 

Trois choses que vous aimeriez apprendre? 

Ne plus du tout me laisser atteindre par les bêtises ou méchancetés d'un adversaire politique, dessiner des caricatures de mes collègues. Et chanter, chanter, chanter…

 

Vous êtes Suisse, adorez Genève, mais trois autres lieux où vous pourriez habiter? 

En Provence, car il y fait beau, chaud et la lumière est magnifique. A Paris, l'une des plus belles villes du monde. Et à Lucerne, où vit le reste de ma famille.

 

Qu’est-ce que la vie a fait de vous? 

Une femme heureuse de pouvoir faire ce qui la passionne, et entourée d'une famille qui l'aime en toute circonstance.